Pèlerin à Assise - Rues et Places (Desbonnets) (fr)  

 

                                                             Pèlerin à Assise - Rues et Places (Desbonnets)

                 

     Les RUES et les PLACES

 

  C'est en se promenant apparemment sans but, dans les rues d'une ville, qu'on en saisit le mieux l'esprit.

 

  Assise n'échappe pas à cette règle. Sa topographie s'ordonne autour d'un petit nombre de rues, convergeant vers la Piazza del Comune, et réunies entre elles par tout un réseau de venelles (certaines ne sont qu'escaliers) délicieuses, montantes, et toutes pittoresques.

 

  C'est en les parcourant qu'on peut le mieux évoquer l'activité médiévale de la cité, et, à chaque pas ou presque, on y rencontre saint François. Enfant, il s'y est sûrement livré avec ses camarades à de savoureuses parties de cache-cache; jeune homme, avec ses compagnons, il allait donner la sérénade sous les fenêtres du quelque jolie fille, et même il ne craignait pas d'y faire un peu de tapage pour scandaliser les bourgeois; converti, il y circula, souvent d'abord méprisé et persécuté par ses concitoyens, puis, plus tard, admiré et suivi, mais toujours uni au Christ.

 

- Le roi de la jeunesse dorée -

 

  Les jeunes gens d'Assise avaient organisé une Compagnie dont les membres se réunissaient pour manger, boire et chanter. François en faisait partie et il fut même plusieurs fois reconnu comme "prince de Ia jeunesse". Mais la grâce le travaillait, et il commençait trouver un goût amer à ce genre de réjouissances.

 

  "...Quand ses compagnons se retournèrent et le virent ainsi loin d'eux, ils revinrent vers lui, effrayés, et le trouvèrent comme déjà changé en un autre homme. Ils l'interrogèrent: A quoi pensais-tu pour oublier de nous suivre ? Aurait, tu, par hasard, projeté de prendre femme ? - Vous avez raison ! j'ai projeté de prendre une épouse, plus noble, plus riche et plus belle que toutes celles que vous avez jamais vues. Ils se moquèrent de lui. Ce n'était pourtant pas de lui même qu'il avait dit cela, mais inspiré par Dieu;, en effet cette épouse, ce fut la vraie famille religieuse dont il reçut la charge la plus noble, la plus belle et la plus riche par la pauvreté. Dès ce moment, il commença à se compter pour rien et à mépriser ce qu'auparavant il aimait; Le changement n'était toutefois pas total, car il n'était pas entièrement délivré de la légèreté du inonde." (Légende des Trois Compagnons 7-8)

 

- Des pierres pour la restauration de Saint-Damien -

 

  A Saint-Damien, François a entendu le crucifix lui dire: Va, et répare ma maison qui tombe en ruines. De fait, la petite chapelle est bien délabrée, l'ordre est donc clair, semble-t-il. Le desservant refuse l'argent (à vrai dire pas très honnêtement gagné) que François lui propose. Qu'à cela ne tienne, il ira quêter des pierres, et fera ainsi participer un grand nombre à la restauration de la petite église.

 

  "Il se décide, entre dans la ville, et, comme si l'Esprit l'avait rendu ivre, commence, à travers rues et places, à chanter les louanges du Seigneur. Une fois ces "Laudes du Seigneur" terminées, il s'occupe d'acquérir des pierres pour la réparation de cette église, en disant: Qui me donnera une pierre aura une récompense ! Qui m'en donnera deux, aura deux récompenses ! Qui m'en donnera trois, en aura trois ! ..." (Légende des trois Compagnons 21)

 

- De l'huile pour la lampe du sanctuaire -

 

  François voulait que des lampes fussent allumées devant le crucifix dont l'ordre avait commencé à donner un sens à sa vie. Il fallait donc de l'huile pour ces lampes, et, puisque le pauvre desservant n'avait lps de quoi en acheter, François vint à Assise pour en quêter.

 

  'Tandis qu'il travaillait activement à la restauration de l'église dont nous avons parlé, il voulut que des lampes y fussent allumées sans interruption; pour cela, il descendit en ville, mendier de l'huile. ...." (Légende des Trois Compagnons 24)

 

- Mendier même sa nourriture -

 

   Quêter des pierres pour restauration de Saint-Damien ou de l'huile pour les lampes de cette église, ce n'était pas facile quand on était le fils de Pierre Bernardone, mais on pouvait toujours se dire que c'était pour Dieu qu'on le faisait. François sentit bientôt qu'il devait faire un pas de plus dans la voie du dépouillement, et ne plus compter sur les attentions du desservant de Saint-Damien.

 

  "... Un jour donc, il se décida, prit une écuelle et, entré en ville, alla demander l'aumône de porte en porte. Tandis qu'il déposait dans son écuelle toutes sortes d'aliments, beaucoup, qui savaient dans quel confort il avait vécu, s'étonnaient de le voir aussi merveilleusement parvenu à un tel mépris de soi. Mais lorsqu'il voulut manger cette mixture d'aliments, il recula d'horreur, car il n'avait l'habitude ni de manger de telles choses, ni même d'accepter de les regarder. Enfin, il se fit violence et commença à manger; il lui sembla alors que, même en dégustant un électuaire, il ne s'était jamais autant régalé....." (Légende des Trois Compagnons 22)

 

- Moqueries et persécutions -

 

  Pour échanger le train de vie d'un fils de riche bourgeois contre la vie misérable que menait maintenant François, il fallait être fou. C'est bien ce que pensaient les assisiates qui ne se privaient pas de l'accabler du railleries, comme on le fait d'un simple d'esprit. Quant à Pierre Bernardone, il maudissait ce fils qui, après lui avoir laissé entrevoir une ascension dans l'échelle sociale, faisait maintenant de lui la risée de ses concitoyens. François était très sensible à ces malédictions paternelles, et pour les annuler, Il eut recours à un pieux stratagème.

 

  "...   L'homme de Dieu, que les malédictions paternelles préoccupait, se choisit un père de rechange en la personne d'un homme pauvre et méprisé: Viens avec moi, lui dit-il, et je te donnerai une partie des aumônes qu'on me donnera. Quand tu verras que mon père me maudit, moi je te dirai: père, bénis-moi ! Et toi, tu feras le signe de la croix et tu me béniras à sa place. Ainsi fut fait, et, béni par ce pauvre, l'homme de Dieu dit à son père: Est- ce que tu crois que Dieu n'est pas capable de me donner un père qui me bénisse pour annuler tes malédictions ! ... " (Légende des Trois Compagnons 23)

 

- Un message de paix -

 

   L'admiration finit par remplacer la raillerie, et, dès lors, retentit dans toutes ces rues le souhait de François: Que le Seigneur vous donne sa paix ! . Assise en a fait sa devise: "Pax et Bonum", "Paix et Bonheur", et c'est le message qu'elle est chargée de vous annoncer. Les frères se saluent encore aujourd'hui par ces mots: "Pace e bene".

 

  "Comme il en témoigne lui-même plus tard, une révélation divine lui avait appris cette salutation: Que Ie Seigneur vous donne la paix. C'est pourquoi, chaque fois qu'il prêchait, au début de son sermon, il saluait Ie peuple en annonçant la paix...." (Légende des Trois Compagnons 26)

                                                                                              * * *

 

     A voir dans les rues d'Assise

  Assise : plans de la ville (Desbonnets) (fr)

  Assise : plans de la ville (it)  

 

  En parcourant les rues d'Assise à la recherche de saint François, vous rencontrerez des maisons, des palais, des chapelles et des églises. Certains méritent un coup d'oeil; d'autres, si on a le temps, une visite.

 

  Voici les particularités les plus remarquables que l'on rencontrera. Dans chaque cas, nous avons supposé que le visiteur partait d'un point situé à la périphérie d'Assise pour rejoindre la Piazza del Comune.

 

  1° A partir de la basilique San Francesco.

 

  Via San Francesco  

- N° 14 et 14A, la Maison des maîtres de Côme: le linteau de la porte est décoré de l'emblème de ce groupe de maîtres-maçons lombards. A côté de cette maison, débouché de la pittoresque Via Sant'Andrea.

- N° 12, Palais Giacobetti où se trouve la Bibliothèque Communale d'Assise (de nombreux manuscrits franciscains y sont conservés, en particulier le plus ancien manuscrit des Ecrits de saint François, le célèbre manuscrit 338).

- N° 11, l'Oratoire des pèlerins qui contient quelques fresques intéressantes, lieu où il est souvent possible d'adorer le Saint Sacrement exposé.

- N° 3, Monte Frumentario, d'abord hôpital fondé en 1267, puis établissement de crédit des Barberini, actuellement transformé en magasin, remarquable par son portique.

- A côté du Monte Frumentario, Ia Fonte Oliviera, belle fontaine de 1570.

 

  Via Arnaldo Fortini  

- La rue change de nom après être passée sous l'Arco del Seminario, vestige d'une des portes de l'Assise du XIlle siècle.

- N° 7, Séminaire épiscopal avec quelques parties des XIlle et XIVe siècles.

 

  Via Portica

- La rue change encore de nom, et prend celui-ci par référence à un grand portique qui se trouvait sur le forum romain, et dont on peut voir les vestiges sous la place de la Commune.

- N° 9, beau portail du XVe siècle.

- N° 2, entrée à la crypte de San Niccolo et accès aux restes du forum romain (visite conseillée).

 

  2° A partir de la Porta San Francesco

 

  Via Fontebella

- N° 23, fresque de l'école de Lorenzetti.

- Plus loin, sur la gauche, entrée du Vicolo degli Esposti qui permet de voir l'intérieur du Monte Frumentario.

- Immédiatement après, Fonte Marcella, belle fontaine du XVIe siècle.

- N° 12 et 12D, flanc arrière du Monte Frumentario.

 

  Piazzetta Garibaldi

- La rue s'élargit en une petite place d'où l'on peut voir, au bord de la Via Cristofani, l'Oratoire de San Leonardo, encore appelé San Francescuccio, siège de la confrérie des Stigmates, décoré à l'extérieur de fresques.

 

  Via Eugenio Brizzi

- La rue change de nom en montant vers la Place de la Commune.

- Sur la droite Piazza Giuseppe Sbaraglini qui conduit à la Via Bernardo da Quintavalle.

 

  Via Giotto

- La rue, devenant plus montante, change encore de nom avant de rejoindre la Via Portica (voir plus haut) et aboutir à la Piazza del Comune.

 

  3° A partir de la Porta San Giacomo

 

  Via San Giacomo

- Sur la droite, entrée supérieure du très pittoresque Vicolo Sant'Andrea.

- sur la droite au bord de ce vicolo, un passage conduit vers la chapelle Santa Margherita d'où l'on a un joli point de vue.

 

  Via Metastasio

- La rue change de nom.

- N° 18, San Giacomo del Muro rupto, petite église du XIe (sonnez pour visiter).

- Plus loin, sur la droite, très beau panorama sur la plaine d'Ombrie.

 

  Via San Paolo

- Après avoir formé la Piazzetta Aluigi, la rue change de nom.

- Sur la droite, escalier descendant à San Stefano.

- N° 5, petite église San Paolo (XIIIe siècle), généralement fermée.

 

  4° A Partir de la Porta San Pietro

 

- Sur la gauche, la Via del Fosso Cupo rejoint la Piazzetta Garibaldi (voir plus haut).

 

  Via Borgo San Pietro

- Sur la droite, église San Pietro (visite conseillée).

- N° 3, monastère des Clarisses Colettines françaises.

- En face une partie des bâtiments de la Cittadella Cristiana.

- Sur la gauche, Via Francesco Pennacchi, et sur la droite, passage vers la Porta Sementone.

 

  Via Sant'Apollinare

- En face du N° 1E, vestiges des murs d'Assise du XIIIe siècle.

- N° 1 à 1D, Istituto di San Giuseppo formé par la réunion de deux églises anciennes, Saint Apollinaire (1266) et Saint Paul des Abesses (1341).

 

  Via Giacomo de Martino

- N° 3 à 5, monastère des Clarisse de San Quirico (au N° 5, fresque du XVe siècle, probablemenl de Matteo da Gualdo).

- Vers la gauche, la Via Giacomo do Martino rejoint la Via Cristofani, vers la droite elle aboutit à Ia Piazza del Vescovado.

 

  Piazza del Vescovado

- Outre le Palais de l'Evêché et l'église Sainte Marie-Majeure (visite conseillée), on y trouve plusieurs façades intéressantes.

- De là, on peut rejoindre la Piazza del Comune en empruntant le Vicolo Buscatti (en haut et à gauche de la place) puis le Vicolo della Volta Pinta.

- On peut aussi rejoindre Santa Chiara par la Via Sant'Agnese (sur la droite de la place et au milieu).

 

  5° A partir de la Porta Nuova

 

  Via Borgo Aretino

- Rien de particulier à signaler dans cette rue, sinon la vue vers Santa Chiara et vers la plaine.

- A l'extrémité de la rue, Porta Santa Chiara, vestige des remparts du XIVe siècle.

 

  Piazza Santa Chiara

- Deux rues s'en détachent.

- Vers la gauche, la Via Sant'Agnese conduit à la Piazza del Vescovado.

- A l'entrée de l'autre, Arco dei Pucci, vestige d'une ancienne porte de l'Assise du XlIle siècle.

 

  Corso Mazzini

- Cette rue portait autrefois le nom de Via Coppa della Catena parce que l'accès en était interdit la nuit par une chaîne tendue en travers.

- Sur la droite, débouché du pittoresque Vicolo Oscuro.

- Plus loin, à droite, Vicolo dei Nepis, et, en face, la Scaletta dello Spirito Santo qui conduit à San Francesco Piccolo.

 

  6° A partir de l'ancienne Porta Perlici

 

  Via Porta Perlici

- Sur la gauche, Via del Comune Vecchio, avec plusieurs maisons anciennes (N° 21-23), et au N° 6, la cour de l'ancien Palais de la Commune.

- Plus loin, à droite, Vicolo San Lorenzo qui conduit à l'ancienne église San Lorenzo avec une fresque de Colai Petruccioli.

- Au N° 1, vieille maison du XIlle siècle.

 

  Piazza San Rufino

- Sur la gauche, Via del Turrione où l'on peut voir, sur la gauche à la hauteur du transept de Saint-Rufin, quelques vestiges d'un tombeau romain du 1er siècle après Jésus Christ.

- Sur la droite, Via Santa Maria delle Rose avec au N° 2 le Palais des Consuls (antérieur à 1225), et, plus loin, l'ancienne église Santa Maria delle Rose, actuellement transformée en cinéma généralement fermé.

- Au pied du campanile, ancien emplacement de la maison de Sainte Claire.

 

  Via San Rufino

- Sur la gauche, pittoresque Via Pozzo della Mensa.

- Des deux côtés, maisons anciennes.

 

  7° Piazza del Comune

 

  De tous les bâtiments qui se trouvent sur le pourtour de la place, seule la façade de la Minerve est restée telle que saint François l'a connue (encore que de son temps il y avait de petites constructions entre les colonnes). Malgré cela, l'aspect général de la place n'a guère changé, et moins encore l'atmosphère qu'elle dégage.

 

- A l'extrémité Ouest de la place se trouve le nouvel Hôtel des Postes, construit sur l'emplacement de l'ancienne église San Niccolo; on y a placé une chaire de marbre milieu du XIVe siècle, dans laquelle saint Bernardin de Sienne aurait prêché en 1425, et, sur le mur, une délicate fresque d'un disciple de Simone Martini.

 

- Sur le côté Nord de la place, on trouve, tout à fait à gauche, le débouché de la Via San Paolo. Puis le Palais du Podestat, dont il est fait mention dès 1212, mais qui ne fut achevé qu'en 1282. Lui fait suite la Tour de la Commune dont il est question pour la première fois en 1275, et qui ne fut achevée qu'en 1305; on remarquera, au bas de la tour, les anciens étalons de mesure qui sont scellés dans le mur (dimensions des briques, des tuiles et unités de longueur en usage en 1348). Ensuite le Temple de Minerve avec ses six colonnes corinthiennes: c'est en 1539 qu'il fut transformé en église. Un peu plus loin, l'entrée de la pittoresque Via Tiberio d'Assisi.

 

- Sur le côté Est de la place, qui est orné d'une jolie fontaine, aboutissent plusieurs rues.

 

- Le côté Sud est presque entièrement occupé par le Palais des Prieurs, fondé en 1337, et qui abrite aujourd'hui la Pinacothèque Municipale. Bien qu'ils n'aient aucun rapport avec saint François, ni même rien de religieux, on jettera un coup d'oeil sur les grotesques qui ornent un passage couvert, la Volta Pinta.

 

  Sur cette place, tous les jours, à midi, a lieu le rendez-vous des pigeons. Le soir les touristes, les pèlerins et les jeunes aiment à se retrouver pour chanter et danser.

  Sur cette place également, dans les premiers jours de mai, a lieu la fête du Calendimaggio (célébration du printemps).

                                                                  ---------------------------------------------------------

    

  retour à Assisi ville et environs

  

                                                                  delhommeb at wanadoo.fr -  01/03/2020