Via Alta : étapes Montgenèvre - Torino - Vercelli

 

                                        Via Alta : étapes Montgenèvre - Torino - Vercelli

 

                

 

               

 

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  Montgenèvre-Torino-Vercelli (V.Alta) cartes 1 (Montgenèvre-Torino)

  Montgenèvre-Torino-Vercelli (V.Alta) cartes 2 (Torino-Vercelli)  

  Montgenèvre-Torino-Vercelli (V.Alta) cartes 3 (variantes)

 

- VA01 - De Clavière à Oulx

- VA01 - Variante du Mont-Cenis à Susa

- VA02 - De Oulx à Susa

- VA03 - De Susa à Sacra di San Michele

- VA03 - Variante gauche de la Dora Riparia

- VA04 - De Sacra di San Michele à Rivoli

- VA04 - Variante gauche de la Dora Riparia

- VA05 - De Rivoli à Torino

- VA06 - De Torino à Chivasso

- VA07 - De Chivasso à Castell'Apertole

- VA08 - De Castell'Apertole à Vercelli

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  VA01 - De Clavière à Oulx

- Clavière - Cesana Torinese - Mollieres - Solomiac - Oulx

- VA01 - Variante du Mont-Cenis à Susa

- col du Mont-Cenis - Moncenisio - Novalesa - Abbaye de Novalesa - Venaus - San Giuseppe - Mompantero - Susa

  VA02 - De Oulx à Susa

- Oulx - Gad - Salbertrand - Sapè - Exilles - Ramats - Chiomonte - Giaglione - Susa

  VA03 - De Susa à Sacra di San Michele

- Susa - San Giuliano - Chiodo - Foresto - Bussoleno - San Giorio di Susa - Villar Focchiardo - Comba - Sant' Antonino di Susa - Vaie - Chiusa San Michele - Sacra di San Michele

  VA03 - Variante gauche de la Dora Riparia

- Bussoleno -  Grangia - Chianocco - Bruzolo - San Didero - Borgone Susa - San Valeriano - Molere -

Condove - Caprie - Novaretto - Torre del Colle de Villar Dora - Almese

  VA04 - De Sacra di San Michele à Rivoli

- Sacra di San Michele - San Pietro - Sant' Ambrogio di Torino - Avigliana - Ferriera - San Antonio di Ranverso - Rosta - Rivoli

  VA04 - Variante gauche de la Dora Riparia

- Milanere - Caselette - Vieux Pont d’Alpignano - Alpignano - Pianezza - Torino

  VA05 - De Rivoli à Torino

- Rivoli - Collegno - Torino

  VA06 - De Torino à Chivasso

- Torino - San Mauro Torinese - Castiglione Torinese - Gassino Torinese - Piana di San Raffaele - San Raffaele Cimena - Chivasso

  VA07 - De Chivasso à Castell'Apertole

- Chivasso - Castelrosso - Torraza Piemonte - Saluggia - Lamporo - Colombara - Castell' Apertole

  VA08 - De Castell'Apertole à Vercelli

- Castell' Apertole - Leri, - Castelmerlino - Darola - abbaye de Lucedio (h. ch.) - Ronsecco - Lignana - Casalrosso - Larizzate - Vercelli

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  VA01 - Clavière - Oulx + carte Google

  http://www.via-alta.com/fr/resource/statictrack/va01-dal-colle-del-monginevro-oulx/

 

  C’est par le col du Montgenèvre, mons Matronae dans l’antiquité romaine, qu’au cours de l’histoire on est toujours passés de France en Italie : après avoir quitté Montgenèvre, à la borne indiquant 2010 km pour Saint-Jacques-de-Compostelle et 914 km pour Roma, on entre dans le Valle di Susa en traversant Clavière, localité touristique et station de sports d’hiver du domaine Vialattea, que surplombe l’imposant mont Chaberton.

  Le sentier balisé se déroule dans le spectacle envoûtant des Gorges de San Gervasio (que l’on peut traverser également sur le spectaculaire Pont Himalayen), en suivant le lit du torrent jusqu’à la route goudronnée, légèrement en amont de Cesana Torinese. On traverse le centre du bourg alpin jusqu’à l’Eglise San Giovanni Battista qui domine l’agglomération, caractérisée par un campanile majestueux de style roman dauphinois et, à l’intérieur, par un plafond en bois en caissons richement décoré, qui remonte à 1678.

  L’itinéraire continue sur une route non goudronnée en amont de la route nationale et qui court parallèlement à celle-ci, avant d’atteindre les hameaux caractéristiques Mollieres et Solomiac.

  Après une brève partie sur la route nationale, à partir du croisement pour Fenils, on peut s’engager sur une autre route non goudronnée, qui porte au carrefour de Amazas. De là, en évitant de croiser l’autoroute, on monte vers la localité San Marco, et on descend jusqu’à l’église Santa Maria Assunta qui, avec la Tour Dauphinoise (XVe), domine l’agglomération de Oulx.

  Autrefois siège de la Prévôté de San Lorenzo (XIe), ce bourg devint un des principaux sièges des Escartons, une forme administrative autonome du territoire, rappelée encore aujourd’hui par la Fiera Franca (Foire Franche), la plus ancienne du Valle di Susa, concédée en 1494 par le roi de France en dédommagement du passage des armées.

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  VA01 - Variante Mont-Cenis - Susa + carte Google

  http://www.via-alta.com/fr/resource/statictrack/va01-variante-dal-moncenisio-susa/

 

  Franchi le col du Mont-Cenis et après avoir laissé derrière soi le lac, les lacets de la Gran Scala et la Plaine de San Nicolao, après les vestiges du tunnel du chemin de fer Fell, au ricovero 4 on prend la séculaire Route Royale, un chemin muletier qui conduit au caractéristique bourg alpin de Moncenisio. Connu dans le passé comme Ferrera, le bourg se développa grâce à son rôle stratégique d’étape obligée le long de la voie : le parcours de l’écomusée et l’Eglise San Giorgio permettent d’approfondir son histoire au service du col.

  Légèrement plus en aval on reprend la Route Royale qui descend jusqu’à Novalesa : çà et là le paysage boisé du Val Cenischia s’ouvre sur les splendides gorges et les cascades du torrent du même nom. En parcourant la Via Maestra, au pavage caractéristique, on observe les témoignages de son passé historique de lieu de halte et de transit vers le Col du Mont-Cenis : l’architecture intérieure et les fresques des emblèmes héraldiques des vieilles auberges ; l’Eglise Santo Stefano, avec sa riche collection de tableaux donnés par Napoléon et le chef d’oeuvre d’orfèvrerie de l’Urne de Sant’Eldrado ; le Musée d’Art Religieux Alpin et le Musée Ethnographique de Vie Montagnarde.

  Passée l’agglomération, on doit prendre obligatoirement la déviation qui va à l’Abbaye de Novalesa, dédiée aux saints Pierre et André, une des plus anciennes fondations monastiques bénédictines de l’arc alpin (726 ap. J.-C.) : dans son parc on trouve quelques chapelles champêtres d’une rare beauté, comme Sant’Eldrado (XIIe). Une partie du complexe abbatial abrite le Musée Archéologique.

  De Novalesa, l’itinéraire continue sur la route carrossable jusqu’à Venaus, avec son église San Biagio. Le bourg est connu pour la traditionnelle Danse des Epées et des Spadonari (porte -glaive), une tradition pré-chrétienne qui a lieu en février : le couvre-chef orné de fleurs multicolores et la gestuelle sont liés aux rites hivernaux pour favoriser l’arrivée du printemps.

  Une jolie route secondaire délimitée par des murets de pierre sèche va jusqu’au hameau San Giuseppe de Mompantero, au pied du mont Rocciamelone, en traversant des prés et des vignobles. L’agglomération de Mompantero est dominée par le moderne Sanctuaire de la Madonna del Rocciamelone, érigé près de l’ancien chemin muletier conduisant à la cime sacrée par excellence du Valle di Susa (3538 m), vénérée dès l’époque celtique : en 1358 Bonifacio Roero d’Asti s’y rendit et y plaça le précieux Triptyque du Rocciamelone, et en 1899 une statue en bronze de la Vierge fut hissée sur le sommet.

  De San Giuseppe, une route secondaire carrossable conduit au lieu-dit Passeggeri, légèrement en amont de Susa, et converge sur celle qui vient du Montgenèvre, débouchant sur l’historique Piazza Savoia. La ville, riche de témoignages romains et médiévaux, fut fondée à la confluence des deux axes routiers qui conduisaient d’un côté aux cols les plus importants vers la France, de l’autre vers Torino : une position stratégique qui en fit dès l’antiquité un point de référence pour toute la vallée. L’histoire millénaire de Susa se lit dans d’importants vestiges comme l’Arc d’Auguste, l’arène romaine, les murs d’enceinte, la Porta Savoia, les fouilles archéologiques et le Château, résidence de la comtesse Adelaïde de Torino, épouse d’Odon de Savoie-Maurienne. Un complexe architectural stratifié dans le temps nous a légué la cathédrale San Giusto et l’imposant beffroi à la flèche octogonale élancée : à partir de 1029 - année de fondation de l’abbaye bénédictine – des campagnes de décoration se sont succédé jusqu’aux interventions gothiques et néogothiques entre le XIIIe et le XIXe. L’extérieur révèle L’entrée du Christ à Jérusalem (XVe, attribué aux Serra de Pinerolo) et les Médaillons des Saints et prophètes ; des toiles précieuses, de riches autels et le choeur en bois du XIVe embellissent l’intérieur. Non loin de là se dressait le Prieuré de Santa Maria.

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  VA02 - Oulx - Susa + carte Google

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  L’itinéraire continue sur la route goudronnée et dépasse le hameau Gad, puis on suit les indications pour le Sentier des Francs (itinéraire de randonnée de montagne qui mène à la Sacra di San Michele) jusqu’à l’embranchement pour Salbertrand : ce village est le siège du Parc Naturel Gran Bosco, un des plus vastes bois de sapins blancs d’Europe, et de l’Ecomusée Colombano Romean, qui prévoit dans ses parcours la visite des splendides fresques du XVIe de l’église San Giovanni Battista et de la chapelle San Cristoforo dans le hameau Oulme.

  En continuant sur le Sentier des Francs, on arrive au hameau Sapè, d’où l’on dévie pour descendre à Exilles, un bourg caractérisé par son architecture en pierre et en bois parfaitement préservée, sous l’imposant Fort (XIIe). Sur la place centrale se dressent le beffroi roman et l’église San Pietro Apostolo, avec un riche maître-autel de 1681 ; il faut mentionner également l’intéressante petite chapelle San Rocco à la sortie du bourg, peut-être le fruit du remaniement d’un édifice préexistant.

  Le chemin continue sur la route parallèle à la route principale en direction du hameau de Cels et rejoint l’entrée du hameau le Ramats, au sein de la chapelle de Saint André.

  De là commence un parcours fascinant à travers les vignobles en terrasses de Avanà et des cépages du terroir, ce qui mène à Chiomonte, autrefois la résidence d’été de l’évêque de Pinerolo. Le centre historique est un extraordinaire joyau de cours, d’arcades, de ruelles et de bâtiments anciens appartenant à la noblesse, comme la maison Ronsil et le palais Levis, siège de la pinacothèque municipale, la chapelle de Sainte Catherine qui fut un temps consacrée à Jean Baptiste, c’est à dire tout ce qu’il reste de l’hôpital de Jérusalem. Elle est décorée à l’intérieur d’un style baroque et de fragments de fresques du XIVème siècle, tandis que l'extérieur présente des ornements aux arcs suspendus et un portail du XIIème siècle à plusieurs lobes. L'église paroissiale de Sainte Marie Assunta, flanquée d'un majestueux clocher de style roman dauphin, dispose d'un mobilier en bois précieux typique du baroque alpin, comme le choeur et le siège des oeuvres pastorales de Jacques Jesse d’Embrun, la porte principale d’Eymon Lord, et le retable en colonnes à spirales de l'autel de Rosario (1682) de Cheffrey Faure.

  Depuis la localité de Saint-Joseph, on continue le long de la rue Avanà, près de la déviation vers le musée et le site archéologique de La Maddalena ; on descend ainsi vers le pont de l'autoroute et on prend le chemin de terre plat du parcours GTa jusqu’aux hameaux de Giaglione.

  Située à hauteur d’un point de vue panoramique, la paroisse de Saint Vincent (XIème siècle) présente un style mobilier baroque attribuable à d’intéressants groupes de sculpteurs d’outre-alpes. Ici, comme à Venaus, lors de la fête patronale avec la célèbre danse des Epées, les Spadonari accompagnent la procession des mères avec du blé, une branche ornée de dentelle, des fleurs et des rubans de couleur, une tradition que l’on peut associer aux rites agricoles traditionnels en l’honneur de la fertilité des champs. Le chemin passe au coeur du village du même nom, où se dresse la chapelle de Saint Stéphane, décorée par un célèbre cycle de fresques du XIVème siècle représentant la Cavalcade des Vices et des Vertus; on descend ensuite le long de la route principale jusqu'à la jonction avec la route nationale « SS25», juste en aval de la localité de Passeggeri et au croisement avec l’artère principale de Moncenisio.

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  VA03 - Susa - Sacra di San Michele + carte Google

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  Après avoir laissé derrière soi les vestiges romains et médiévaux de Susa, en partant de la gare de chemin de fer on va en direction de Urbiano, hameau de Mompantero : ancien établissement attesté par ce qui reste d’un aqueduc romain, il est connu pour le rite folklorique du 31 janvier dit Fora l’ours !, durant lequel on célèbre l’imminente sortie de l’hiver avec la capture de l’ours qui s’est réveillé de la léthargie.

  L’itinéraire continue en direction de San Giuliano et Chiodo, hameaux de Susa, en passant par des fermes et des prés cultivés. Arrivés aux premières maisons de Foresto (Commune de Bussoleno) on visitera la chapelle Madonna delle Grazie avec son cycle de fresques sur la vie de la Vierge, attribué au toulousain Anthoyne de Lhonye, actif dans le Valle di Susa vers 1462. Une brève déviation conduit à la Réserve Naturelle du Orrido di Foresto, une gorge suggestive creusée dans les millénaires par le passage de l’eau : à proximité on trouve encore les ruines d’un moulin et d’un lazaret.

  Ayant laissé sur la droite le siège du Parc Orsiera Rocciavrè, l’Ancienne Route de Foresto conduit à Bussoleno. Passée la gare ferroviaire – près de laquelle on peut visiter le FERALP- Musée du Transport Ferroviaire à travers les Alpes – on continue jusqu’au pont sur la Dora Riparia, qui mène dans le bourg médiéval, où les restes des murs d’enceinte sont bien visibles, ainsi que la porte d’entrée et, le long de la rue principale, quelques habitations qui inspirèrent D’Andrade pour le Borgo Medievale de Torino : Palais Allais, Maison Amprimo, dite aussi Locanda della Croce Bianca, et Maison Aschieri. L’église Santa Maria Assunta (XIIe), jouxtée du campanile roman, présente à l’intérieur des décorations en bois baroques et d’intéressants tableaux de Morgari et de Gentileschi, témoignages de sa reconstruction au XVIIIe par l’architecte lorrain De Willencourt.

  Sortis de Bussoleno et après avoir traversé la nationale SS24, un parcours sur chemin de terre entre les champs et les vignobles conduit à San Giorio di Susa, reconnaissable par son château médiéval sur la colline. Les traces de son rôle de voie de transit sont très nombreuses : la chapelle San Sebastiano, la Garitta, ancien édifice avec une fenêtre géminée et un grand arc, l’église San Giorgio Martire avec son campanile roman, la maison forte ; parmi les fresques qui décorent la chapelle San Lorenzo, fondée en 1328 et dite aussi du Comte, on distingue les symboles du pèlerinage : la visite des rois Mages et Saint Christophe. Dans ce bourg également reste vivante la tradition des Spadonari (porteglaive) et de la Danse des Epées, qui se déroule au printemps à l’occasion de la fête patronale de la Saint-Georges martyr.

  En laissant derrière soi l’agglomération, on verra, parallèle à la SS24, une route champêtre délimitée par des murets qui croise la vieille route communale. Le chemin de terre à sa gauche continue entre les champs de maïs, les potagers et les vignes pour arriver à la zone du Malpasso, que la tradition populaire évoque comme lieu habité par les brigands qui attaquaient les voyageurs : le parcours évite la route nationale jusqu’au croisement avec la route de la bourgade Pianverso. Une brève déviation conduit en aval aux fermes Roland et Giaconera, lieux historiques de halte et stations de poste où l’on changeait de monture, en amont des Chartreuses de Banda et de Montebendetto, deux des plus anciens établissements chartreux du Piemonte.

  En continuant, on traverse cette fois le centre de Villar Focchiardo avec l’église Santa Maria Assunta, exemple de baroque XVIIIe typique de la cour des Savoie, qui témoigne son lien étroit avec la famille commanditaire des Carroccio. Le bourg est un des plus importants sites de production de châtaignes de qualité dans le Valle di Susa et au Piemonte, et il est connu pour l’historique Fête du Marron.

  Arrivés au hameau Comba, on suit l’Ancienne Route de France jusqu’à Sant’Antonino di Susa. La place principale est dominée par l’imposante façade de l’église Sant’Antonino Martire, une des plus anciennes églises de la vallée, siège des chanoines hospitaliers de Sant’Antonino de la Vallée Nobilense : la structure architecturale présente des éléments typiques du XIe, comme le beffroi, et est enrichie de cycles picturaux du XIVe.

  En continuant dans cette même direction, le chemin conduit à Vaie, où plane la fragrance du biscuit typique canestrello, cuit sur un outil en fer spécial en forme de tenailles. Un intéressant itinéraire archéologique naturel touche le Sanctuaire de San Pancrazio (XIe) et se termine au Musée d’Archéologie expérimentale.

  L’Ancienne Route de France porte en outre à Chiusa San Michele : ce nom est lié au reste des Cluses Lombardes qui ont été le théâtre des affrontements entre Charlemagne et Didier de Lombardie, et dépendant de la Sacra di San Michele, qui domine le bourg du mont Pirchiriano.

  A droite de l’église San Pietro Apostolo (XVIIIe), par le vieux chemin muletier parfois délimité de murets en pierres sèches qui serpente entre les champs cultivés et les bois, on rejoint en 2 heures environ l’abbaye de Chiusa. L’imposante Sacra di San Michele (983-987 ap.J.-C), monument symbole du Piemonte, est une des architectures romanes les plus importantes d’Europe, centre de culture monastique et destination depuis des siècles d’un pèlerinage international. La Loggia des Virets, l’Escalier des Morts, le Portail du Zodiac, la fresque de l’Assomption de la Vierge, les planches du triptyque de Defendente Ferrari (XVIe), les retables du peintre de Cremona Antonio Maria Viani sont quelques-uns des éléments qui distinguent l’édifice sacré. Les travaux et campagnes de décoration ont continué au cours des siècles jusqu’à la grande restauration de Alfredo D’Andrade en 1889.

  De la Sacra di San Michele une intéressante variante de l’itinéraire prévoit la descente dans le Val Sangone en franchissant le Colle Braida : passé Valgioie, situé dans une position panoramique et immergé dans le magnifique contexte paysager du groupe montagneux Orsiera-Rocciavrè, on arrive à Giaveno. Aujourd’hui c’est une petite ville résidentielle ; dans le passé elle dépendait de la Sacra, qui y avait un château abbatial : la partie ancienne de la ville se rassemble autour de la Collégiale San Lorenzo martire(XVIIe), à l’église des Batù (XVIe) et à la Tour de l’Horloge.

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  VA03 - Variante Gauche de la Dora Riparia + carte Google

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  Sur la rive gauche de la Dora Riparia, la Via Francigena part de Bussoleno et longe la ligne ferroviaire, jusqu’à arriver au hameau Grangia de Chianocco. L’itinéraire se poursuit sur une route goudronnée et passe devant l’ancienne maison forte (XIIe), un exemple intéressant architecture civile romane. Situé à l’entrée de la Réserve Naturelle du Orrido di Chianocco, le bourg est composé de nombreux petits hameaux, mais son noyau le plus ancien, au lieu dit Campoasciutto, est caractérisé par le majestueux complexe fortifié du Château (XIIIe) ; devant, l’Eglise San Pietro Apostolo, érigée après l’inondation qui détruisit l’église romane, dont il ne reste que le beffroi. On remarquera aussi la chapelle du cimetière de Sant’Ippolito (XIe), décorée de belles fresques datables du XVe.

  La route descend vers la bourgade Vindrolere et, traversant une zone riche de potagers, terrains cultivés, bois et vignobles, elle touche les premières maisons de Bruzolo : on passe à côté d’une vieille forge actionnée par un système hydraulique, une des architectures proto-industrielles les plus complexes du Valle di Susa. Parmi les édifices dignes d’être mentionnés, l’église San Giovanni Evangelista et le château (XIIIe), transformé avec le temps en demeure des familles nobles fidèles à la cour des Savoie et siège de la signature des Traités de Bruzolo (1610) entre le duc de Savoie et le roi de France.

  Après avoir traversé l’agglomération, la route continue en descente, en prenant à gauche la carrossable qui côtoie les pentes de la montagne, sur lesquelles se développe la commune de San Didero : ancienne possession féodale de familles liées aux Savoie, la partie la plus ancienne se dresse autour des murs crénelés de la tour massive de la maison forte, peut-être le donjon d’un château aujourd’hui disparu ; dans une position panoramique, l’église San Desiderio, qui dépendait de la prévôté d’Oulx.

  Passée la maison forte, on continue en direction de Borgone Susa. Peu après l’agglomération, une intéressante déviation porte au Maometto, un lieu suggestif aux racines antiques : près d’une clairière s’offre au regard une roche sculptée représentant un personnage les bras ouverts, qui pour la tradition populaire était le prophète arabe, mais il s’agit plus probablement du dieu agreste latin Sylvain. L’itinéraire longe la ligne de chemin de fer et arrive à la place principale du bourg, avec le Palais Montabone (XVIIe), siège de la mairie ; il passe l’église San Nicola di Bari et, avec une déviation sous la passerelle qui enjambe la voie ferrée, il mène au Pont de Sant’Antonino – possible liaison entre les Vie Francigene – et au hameau San Valeriano : là se trouve la chapelle romane du même nom (XIIe-XIIe) avec la décoration absidale du Christ Pantocrator. 

  Une brève section de piste cyclable parallèle à la route nationale SS24 conduit au lieudit Molere, où un chemin de terre s’enfonce au milieu des prés : l’embranchement de gauche permet de côtoyer la montagne sur une route en plaine jusqu’aux hameaux Grangetta et Poisatto et à la zone pique-nique sur le torrent Gravio. Sur un large trottoir le long de la route nationale on atteint les portes de Condove, un des bourgs les plus grands de la vallée, composé de 74 bourgades de montagne : quelques-unes de celles-ci présentent de riches témoignages artistiques, comme la chapelle San Bernardo au Laietto (1430), l’église San Saturnino à Mocchie et la chapelle romane San Rocco, connue anciennement sous le nom de Santa Maria del Prato ; au pied de la dorsale rocheuse on peut admirer le château du Comte Vert, cité à partir du XIIIe comme dépendance du monastère de Saint-Just de Susa : le château était une résidence, mais il avait aussi un rôle défensif.

  La route carrossable arrive ensuite jusqu’à l’agglomération de Caprie, dont le nom tire son origine du mont Caprasio qui la surplombe : on y arrive par un itinéraire de randonnée en partant du hameau Celle, un lieu suggestif du fait de la présence de la grotte érémitique de Saint-Jean-Vincent, fondateur de la Sacra di San Michele, et de l’église Santa Maria Assunta, qui présente une crypte avec des fresques du Xe.

  Le parcours principal se poursuit sur la piste cyclable à côté de la longue ligne droite qui va jusqu’au hameau Novaretto : l’église SS. Rocco et Sebastiano (XIXe) offre une intéressante bichromie donnée par l’alternance de bandes noires et blanches, tandis qu’à l’intérieur se distingue la riche structure en caissons de la nef centrale.

  Passées les dernières maisons de Novaretto, la route, qui n’est plus goudronnée, côtoie la Colline de la Seja. Pour éviter la grande circulation de la route nationale SS24, un sentier facile monte au hameau Torre del Colle de Villar Dora, construit en 1289 à l’initiative d’Amédée V de Savoie dans le but de défendre la traversée de la Dora Riparia : sur cette dorsale, dans une zone boisée apparaît la chapelle San Pancrazio, décorée de fresques avec un cycle pictural de la fin du XVe. Puis l’itinéraire descend et croise une route secondaire qui conduit au centre historique du bourg, dominé par le majestueux château Provana : résultant de l’union de trois maisons fortes plus anciennes, à partir du XIIIe il fut intéressé par des agrandissements et revisité dans un style néogothique ; non loin de là se trouve aussi l’église SS. Vincenzo et Anastasio, en partie reconstruite au XVIIe, avec des éléments de décoration et des toiles qui sont attribuables à la famille des commanditaires, les Provana. Signalons enfin le Musée de la Préhistoire de la Dora Riparia.

  En continuant sur la route principale, on entre dans Almese : cet établissement d’époque romaine est attesté par une villa qui a été découverte au lieu-ditRivera, une des plus importantes constructions résidentielles latines au Piemonte. D’un grand intérêt historique sur l’itinéraire est le Ricetto di San Mauro, une bastide qui remonte au XIVe. Né dans le but de défendre l’édifice monastique préexistant, il en a englobé une partie des structures : le campanile a été transformé en tour, tandis que le corps principal est devenu le donjon du nouveau château, entouré de murs d’enceinte et exploité comme bastide.

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  VA04 - Sacra di San Michele - Rivoli + carte Google

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  En partant du complexe monastique, un chemin muletier traverse le hameau San Pietro. Puis il descend en larges tournants, étapes du Chemin de Croix, jusqu’à Sant’Ambrogio di Torino, dont le bourg médiévale est bien visible à l’intérieur de l’enceinte fortifiée intacte, avec les tours de guet (XIIIe) et le château abbatial (XIIe), en position dominante sur le bourg. L’église San Giovanni Vincenzo, l’ermite fondateur de la Sacra, a une valeur artistique et architecturale considérable : le plan de l’intérieur, la coupole et la façade sont du XVIIIe, d’après un projet de Vittone, tandis que le campanile, construit peut-être sur un édifice militaire précédent, présente le style sobre de l’original roman. L’itinéraire continue en traversant la rue principale de Sant’Ambrogio jusqu’au Musée de la Fabrique de Dynamite Nobel : un exemple intéressant d’architecture industrielle du début du XXe qui de 1872 à 1965 a été la fabrique d’explosifs la plus importante d’Europe.

  On peut également rejoindre l’agglomération depuis Chiusa San Michele en suivant l’Ancienne Route de France, qui longe la base du mont Pirchiriano : de là la ferrata Carlo Giorda monte vers la Sacra di San Michele.

  Passée la fabrique de dynamite, la route conduit au centre historique d’Avigliana. Le coeur médiéval de la ville est Piazza Conte Rosso, caractérisé par l’ancien puits, les édifices en terre cuite et leurs arcades monumentales. En haut, le château d’Ardouin (Xe) le surveille : la dot de la comtesse Adelaïde de Susa aux Savoie, qui devint un avant-poste des ambitions de la dynastie sur la région turinoise, et qui fut démantelé par les Français en 1690. L’église San Giovanni (XIIIe) conserve des oeuvres précieuses comme la chaire en bois (XVIe) et les toiles de Defendente Ferrari ; près de l’église on peut en outre observer la Tour de l’horloge, sur laquelle fut placée en 1330 la première horloge publique du Piemonte. Parmi les édifices sacrés d’Avigliana, on signale le sanctuaire de la Madonna dei Laghi (XVIIe), construit sur les lieux où se dressait une colonne votive qui était but de pèlerinage déjà au XIVe ; l’église San Pietro (XIIe) avec la fascinante stratification de fresques datables du XIe au XVe ; l’église Santa Maria Maggiore, de plan roman avec des modifications dans un esprit gothique au XIVe.

  L’itinéraire se poursuit entre les ruelles moyenâgeuses de la cité près du Palais du Bienheureux Humbert, construit suite à un legs de 1347 et siège de l’ancien Hôpital, où étaient accueillis les pèlerins qui transitaient sur la Via Francigena.

  Après avoir atteint Piazza del Popolo et traversé Corso Laghi, l’Ancienne Route de France continue en plaine entre les champs jusqu’au hameau Ferriera de Buttigliera Alta : la route franchit le chemin de fer sur le passage supérieur et arrive à la Commanderie de Sant’Antonio di Ranverso. Buttigliera, né tout près de la colline morainique, fut un bourg dépendant de Avigliana jusqu’en 1619, mais son histoire est étroitement liée à la présence de cette commanderie : le complexe hospitalier commença son activité à partir de 1188 sur une

initiative de l’ordre de Saint-Antoine de Vienne, qui s’était consacré à l’assistance des pèlerins sur la Via Francigena et à soigner les malades d’ergotisme (le "feu de Saint-Antoine") ; aidée dans les siècles par les Savoie, sa gestion passa ensuite à l’Ordre de Saint-Maurice, auquel il appartient encore aujourd’hui. Le style gothique, les éléments en terre cuite aux fenêtres et aux clés de voûte et la célèbre façade à gables en font un des monuments qui ont le plus de caractère au Piemonte ; à l’intérieur, en dehors du polyptyque de Defendente Ferrari, parmi les campagnes de décoration datables du XIIe au XVe, se distingue l’oeuvre picturale de Giacomo Jaquerio : la Vierge en trône, les Histoires de Saint Blaise, le cycle de la Passion.  

  L’itinéraire se poursuit en direction de Rosta : il côtoie la gare ferroviaire jusqu’à l’embranchement pour Rivoli. Edifié à l’époque romaine sur la Via ad Galliam de Torino au Montgenèvre, au Moyen Age le bourg devint une partie de Rivoli et en partie assujetti à la Commanderie de Sant’Antonio di Ranverso, jusqu’à ce qu’il acquière son autonomie au XVIIe.

  De là la route passe près d’une zone de champs cultivés, de bois et de zones résidentielles sur les pentes de la moraine sur laquelle se dresse le noyau le plus ancien de Rivoli : ses origines romaines sont attestées par des pièces archéologiques significatives le long de la Via ad Galliam vers Rosta. Le centre médiéval fut construit sur les pentes de la colline dominée par le château du XIe, aujourd’hui un imposant édifice baroque construit au XVIIIe sur les plans de Filippo Juvarra mais resté inachevé : après sa restauration par l’architecte Andrea Bruno, qui s’est terminée en 1984, cette résidence des Savoie est devenue le plus important musée italien dédié à l’art contemporain, qui renferme une collection permanente prestigieuse, et qui programme des événements et des expositions de rayonnement international. Les rues pavées de la ville historique sont encore bordées par beaucoup de témoignages de son riche passé : la Maison du Comte Vert, demeure d’Amedée VI de Savoie, un joyau du XIVe à la façade décorée de motifs anthropomorphes et floraux en terre cuite ; l’église Santa Croce (XVIIIe), avec des traces d’une ancienne confrérie médiévale active comme institution hospitalière ; Palais Piozzo Rosignano, érigé en 1788 comme résidence du chancelier du Grand Prieuré de l’Ordre de Malte ; la Tour de la filature, une des plus importantes illustrations de l’architecture médiévale de Rivoli.

  La Via Francigena continue alors en direction de Collegno, arrivant aux portes de Torino.

  Une nouvelle variante dans un cadre paysager part du hameau Bertassi entre Sant’Ambrogio di Torino et Avigliana, où un parcours balisé traverse la Palude dei Mareschi, une zone humide qui annonce le Lago Grande et un espace protégé du Parc Naturel des Lacs d’Avigliana. Une route non goudronnée près d’une aire de repos tourne en direction de la colline, sur le sentier du mont Capretto : on le quitte à un croisement avec une édicule votive, en continuant à la base de la colline sur laquelle se dresse le cvhâteau d’Ardouin, et en une brève montée on atteint Piazza Conte Rosso à Avigliana.

  Une bretelle qui relie les Vie Francigene du Valle di Susa part de la Commanderie de Sant’Antonio di Ranverso, suit la Vieille Route d’Alpignano et dépasse la nationale SS25 : la route non goudronnée pénètre dans une zone de bois et de prés cultivés et longe la Dora Riparia dans son dernier tronçon, jusqu’au Vieux Pont d’Alpignano.

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  VA04 - Variante Gauche de la Dora Riparia + carte Google

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  En suivant la piste cyclable qui traverse le hameau Milanere on continue sur une route carrossable peu fréquentée, en côtoyant les pentes du mont Musinè jusqu’à l’entrée de Caselette : à droite, sur un éperon rocheux, s’élance le complexe du château de Camerletto, dépendant de l’Abbaye de Novalesa et construit entre le XIe et le XIIe avec une fonction de grange fortifiée. Sur les pentes du Musinè, le szanctuaire de Sant’Abaco témoigne un culte local de racines antiques lié au martyr et qui s’est développé autour des Ve-VIe après l’oeuvre d’évangélisation des populations du Valle di Susa, jusqu’alors liées à des rites païens. La présence d’un axe routier d’époque romaine est attestée, comme à Almese, par une villa rustica d’époque impériale (Ier–IVe), située au lieu-dit Pian entre les fermes Malpensataet Forchetto ; sur le promontoire sur lequel s’est développé Caselette se détache en outre le château Cays, peut-être du XIVe, plusieurs fois intéressé par des agrandissements entre le XVIIe et le XIXe. Parmi les édifices religieux, signalons l'église baroque San Giorgio Martire, qui conserve des toiles des XVIIe-XVIIIe et des statues en bois du XVIIIe, de très belle facture.

  La Via Francigena continue vers Torino. En aval du château de Camerletto, près de la nationale SS24, un chemin de terre s’enfonce dans les champs et les terrains cultivés plats de la zone le long de la Dora Riparia : signalé également comme cycloroute, une promenade agréable qui finit au Vieux Pont d’Alpignano, en s’unissant au parcours provenant de Sant’Antonio di Ranverso.

  Alpignano : dans l’Eglise San Martino di Tours est conservé un magnifique crucifix en bois du sculpteur du XVIIIe Carlo Giuseppe Plura. La ville était une colonie romaine et elle est citée au Moyen Age pour la présence d’une importante domus hospitali sur la Route de France, jadis sous la dépendance de l’Abbaye de Novalesa ; aujourd’hui elle est connue également pour l’Ecomusée Sogno di luce consacré à l’inventeur de l’ampoule à incandescence, Alessandro Cruto.

  En continuant sur la véloroute on rejoint Pianezza : sur la route principale se dresse la paroissiale San Pietro (XIIe siècle) à l’architecture romane caractéristique mais décorée à l’intérieur de fresques du XVe siècle par Jacquerio et son atelier. L’église Santa Maria della Stella, avec ses belles fresques du XVe siècle, est étroitement liée elle aussi au parcours de la Via Francigena. Le noyau primitif de la bastide fortifiée, profondément transformé ou englobé dans la cité, est visible seulement en partie mais on distingue encore la tour moyenâgeuse de la Bastide, aujourd’hui tour municipale.

  L’itinéraire, aujourd’hui comme alors, se poursuit sur la droite de la Dora Riparia et suit la piste cyclable jusqu’à ce qu’il se jette sur Corso Marche, là où commence le vaste parc de la Pellerina de Torino, où passait le parcours originaire de la Strata pellerina, et légèrement en amont de Piazza Massaua il rejoint en Corso Francia la Via Francigena.

  L’actuelle Piazza Statuto correspond à la zone de l’antique Porta Secusina, soutenue à l’époque médiévale par un système imposant de domus hospitali pour l’accueil surtout près des murs et en dehors, comme l’Hôpital Santa Maria, San Benedetto e San Solutore maggiore. Au coeur de la ville, entre Piazza Statuto, les rues Garibaldi, Barbaroux, Sant’Agostino, Santa Chiara et Milano, Largo IV Marzo et Piazza San Giovanni, des traces d’édifices du Moyen Age permettent de reconstruire l’itinéraire de la Via Francigena turinoise, de même que les églises anciennes de Santo Spirito, San Domenico, Sant’Agostino, San Rocco, San Francesco d’Assisi, des SS. Martiri et du Corpus Domini, même si quelques-unes ont été fortement remaniées en style baroque. Les hôtels et auberges pour marchands et pèlerins étaient situés au centre et le long de la Dora Riparia, près des portes de la ville.

  Par la petite place rehaussée par le Palais Royal des Savoie et dominée par la coupole construite entre 1668 et 1694 par Guarino Guarini (où est conservé le Saint Suaire, le linge qui enveloppa le corps de Jésus Christ), on accède à la cathédrale San Giovanni, unique monument religieux Renaissance de Torino, coeur de la dévotion, pas seulement de la ville. De la Piazzetta Reale on passe à Piazza Castello et à Palazzo Madama, aujourd’hui un musée important, qui cache derrière sa façade baroque la Porta Decumana et une partie des murs qui entouraient la colonie romaine : de là le parcours actuel de la Via Francigena suit Via Po pour rejoindre la Gran Madre di Dio, une des églises les plus importantes et mystérieuses de la ville.

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  VA05 - Rivoli - Torino + carte Google

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  Rivoli est la romaine mansio ad octavum, retrouvée près de la Ferme Bastone, où se trouvait autrefois l’église Santa Maria de Strata. Les fouilles archéologiques d’une mansio et d’une nécropole attestent le tracé de la via ad Galliam, avec la colline morainique en toile de fond.

  Toutefois, la Rivoli antique se recueille autour de la hauteur dominée par une forteresse du XIe siècle. Après tous les remaniements et agrandissements qu’a subi le château avec le temps, notamment à l’époque des Savoie avec le grandiose projet de l’architecte de cour Filippo Juvarra de résidence royale restée inachevée, il abrite depuis 1984 le Musée d’Art Contemporain, lieu prestigieux d’expositions et d’événements internationaux. La ville recèle encore beaucoup de bâtiments qui rappellent la période faste des Savoie comme la Maison du Comte Vert, demeure d’Amédée VI de Savoie, et la Route de France, une artère importante conduisant à la capitale Torino. Rivoli était aussi un lieu de perception des péages pour monter aux cols transalpins.

  Le parcours originel vers Torino est aujourd’hui très infrastructuré. Une longue route droite à grande circulation, Corso Francia, traverse la zone de Collegno : la mansio ad quintum sur la Route des Gaules devint une agglomération d’une très grande importance à l’époque lombarde autour de San Massimo, la plus ancienne église des évêques de Torino, voulue comme avant-poste stratégique le long de la Via Francigena. Le fortin érigé sur un escarpement tourné vers la Dora Riparia et constitué autrefois de cinq tours de défense est aujourd’hui connu comme château Provana, du nom de la famille Provana de Carignano qui l’a agrandi et en partie reconstruit entre 1600 et 1644.

  La Chartreuse, bâtie à l’initiative de la régente Marie-Christine, date quant à elle de 1641, et le portail d’accès grandiose fut construit en 1737 par l’architecte Juvarra sur commission de Charles-Emmanuel III de Savoie : la gestion des pères chartreux dura jusqu’en 1853, date à laquelle elle fut destinée à l’Hôpital Psychiatrique Royal.

  Dans le passé récent, Collegno a vu naître les premières industries de filière, en particulier des manufactures avec l’usine Leumann : resté intact, le Village Leumann, un bourg ouvrier organisé, est aujourd’hui le siège d’un écomusée qui en raconte les origines et les développements.

  L’itinéraire suit la ligne droite de Corso Francia et, légèrement en amont de Piazza Massaua, il s’embranche à la hauteur de Corso Marche sur celui qui vient d’Alpignano : de là il continue jusqu’à Piazza Statuto à Torino.

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  VA06 - Torino - Chivasso + carte Google

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  Passé le Po à la hauteur de la Gran Madre di Dio, on marche le long de la rive droite du fleuve, à travers le Parc Michelotti et la Réserve Naturelle du Meisino, et on continue jusqu’à San Mauro Torinese, déjà connu à l’époque romaine comme Pulchra Rada pour sa position favorable sur une section navigable du Po. En 991 Anselmo di Monferrato fit construire l’abbaye bénédictine de San Mauro di Pulcherada, détruite précédemment par les Sarrasins : érigée sur un habitat romain préexistant, autour d’elle se développa l’agglomération ; l’église abbatiale, aujourd’hui dédiée à Santa Maria di Pulcherada et remaniée au fil des siècles, conserve son clocher proto-gothique du XIIe siècle et une intéressante abside carolingienne avec des pilastres et des niches du Xe siècle. Au XVe siècle, enfin, l’agglomération fut rebaptisée San Mauro en l’honneur du moine bénédictin qui s’y arrêta lors de son retour en France au VIe siècle.

  Le long du parcours on peut noter quelques chapelles champêtres intéressantes comme Sant’Anna (XVIe) et San Rocco (XVIIIe) ; on transite en outre au pied du château de Sambuy, documenté dès 991 et lié au séjour de Saint Maur ; dans ces lieux, enfin, était située la localité évocatrice Pedaggio Vecchio, aux confins entre le Marquisat de Monferrato et le Duché des Savoie.

  De San Mauro le parcours continue le long du canal hydroélectrique de Cimena, en se rapprochant de la colline et du bourg de Castiglione Torinese jusqu’au point où il croise la route pour Chieri, près de l’église San Claudio e San Dalmazzo (1951). Le nom de la commune vient de la présence d’une fortification du XIe siècle détruite au XVIIe par Charles-Emanuel I de Savoie et reconstruite peu après par les frères Turinetti, auxquels Christine de France, Madame Royale, l’avait donnée en fief. Signalons l’église San Rocco (1720), petit joyau baroque construit sur un projet de l’architecte Falletti di Barolo, à l’intérieur de laquelle se trouvent de nombreuses fresques d’auteurs inconnus et sur la coupole de laquelle est représentée l’Assomption corporelle de Marie qui monte au ciel portée par les anges.

  L’ancienne église San Martino aussi est intéressante, dédiée à l’évêque de Tours : dans le chevet semi-circulaire ont été trouvées de nombreuses sépultures parmi lesquelles celle attribuée à un personnage masculin avec un mobilier funéraire de facture lombarde.

  Le parcours jusqu’à Gassino Torinese est entièrement en milieu urbain. Quelques fouilles archéologiques font remonter le premier noyau habité à l’époque du développement florissant de la ville romaine de Industria : cette dernière et Augusta Taurinorum, en effet, étaient reliées par une route le long de laquelle pourrait avoir été érigé un castrum. Compris dans le territoire du Marquisat du Monferrato, dès 1003 Gassino fut doté de murs d’enceinte et d’un profil urbain typiquement médiéval, que l’on reconnaît encore dans les arcades du centre historique dominé par l’église de la Confraternita dello Spirito Santo, de plan circulaire : édifiée au XVIIIe siècle, elle présente une belle façade baroque surmontée d’une coupole très haute, dite Cucurin, qui rappelle celle de Superga, de la même époque. L’église paroissiale la plus ancienne remonte par contre au XIe siècle : appelée aujourd’hui église SS. Pietro e Paolo, elle a été en partie reconstruite et restaurée au XVIIIe en s’inspirant du style de Guarini ; signalons à l’intérieur la splendide toile de La Vierge et les Saints titulaires de Claudio

Francesco Beaumont et, dans la chapelle latérale, celle de la Visitation, datée du XVIIe siècle.

  L’tinéraire continue avec un tracé tortueux encore le long du canal, en direction de la Piana di San Raffaele, rejoint la rive droite du Po et en suit le cours jusqu’à dépasser le promontoire collinaire de Cimena.

  La naissance de San Raffaele Cimena, aujourd’hui union de deux localités, est liée à l’axe routier romain qui reliait Chivasso-Clavasium à Torino-Augusta Taurinorum : autour d’une petite chapelle votive dédiée à Saint Raphaël, construite selon la tradition par les troupes de Justinien, vit le jour au VIe siècle le premier habitat comme garnison byzantine sur la plaine située en contre-bas. Dans le Haut Moyen Age une grande partie du village se déplace vers la colline à cause des incursions des brigands et peut-être des Sarrasins, et cela donne lieu à la construction d’une enceinte et de fossés : le bourg, qui s’est développé autour d’une forteresse, fut appelé San Raffaele, mais le long de la route pour Chivasso il resta quelques ouvrages de défense habités qui fournissaient des services aux pèlerins et aux marchands. La fondation de Cimena pourrait même être antérieure à l’époque romaine et en 1596 elle figure comme commune autonome d’une certaine importance car sise sur une voie de communication fréquentée et dans une région agricole très favorable. L’église du Sacro Cuore di Gesù fut édifiée dans les années 30 du XXe siècle en style néogothique sur des plans de l’architecte Bartolomeo Gallo et elle a été agrandie à la fin des années 1960.

  Passée l’agglomération en direction de Chivasso et après avoir traversé le Bois du Vaj, protégé par le Parc Naturel de la Colline Turinoise, on arrive à l’église San Genesio, reconstruite en style roman à partir de la chapelle du même nom attestée en 1156 : le plan actuel est un remaniement du début du XXe siècle, mais il reste de la bâtisse originaire l’abside centrale, celle de gauche et le splendide clocher en maçonnerie avec des mots n’offre que des fenêtres à baie unique, à double et à triple baie décorées d’arcatures.

  A partir du croisement avec l’indication pour Castagneto Po on arrive enfin au rond-point où l’on prend la route droite qui franchit le pont sur le Po et mène au centre de Chivasso, l’antique Clavasium, depuis toujours marché important et place commerciale stratégique à cause de sa position sur l’axe du Monferrato : l’entrée en ville est dominée par la cathédrale Santa Maria Assunta (XVe siècle), un des plus importants exemples d’art gothique piémontais, à la façade richement décorée de frises et de sculptures en terre cuite, qui conserve à l’intérieur un retable de Defendente Ferrari ; du château des Aleramici du Marquisat de Monferrato il ne reste que la Tour Orthogonale, entre Piazza della Repubblica et Via Po. La façade de l’actuel Palais de l’Economie et du Travail « Luigi Einaudi » (né probablement au XVIIe comme lieu de halte pour les soldats de passage) a reçu une Horloge du temps nouveau en souvenir de la Révolution Française : la journée est subdivisée en 10 heures, chaque heure en 100 minutes, chaque minute en 100 secondes et les aiguilles effectuent un seul tour par jour. Sur la Piazza d’Armi se découpe le Lapis Longus, monument funéraire en pierre des VIIe-VIe siècles av. J.-C. de 4 m environ de haut, qui fut transformé en 1649 en pilori pour punir les débiteurs insolvable.

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  VA07 - Chivasso - Castell'Apertole + carte Google

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  De Chivasso commence en outre le Canal Cavour, réalisé entre 1863 et 1866, un des plus hauts exemples de génie hydraulique de l’époque qui, à travers un réseau de canaux étendus, a permis le développement des territoires canavais et verceillais : l'édifice monumental à l’entrée, en pierre et en brique, a 40 m de longueur et 21 arches constituées de 3 rangées de vannes.

  En longeant le canal on arrive au hameau Castelrosso, dont l’église SS. Giovanni Battista e Rocco fut érigée en 1758 d’après les plans de l’architecte Paolo Lorenzo Garrone : à l’intérieur se distinguent un autel baroque en marbre noir et quelques fresques de qualité du XIXe.

  On arrive ensuite à Torrazza Piemonte, sur la droite de la Dora Baltea : en plein centre se dresse l’église San Giacomo, érigée en 1746, restaurée et agrandie en 1843, tandis que le Palais Communal se distingue par le grand porche à trois arcades et le massif donjon quadrangulaire.

  Après avoir traversé le pont sur la Dora Baltea, un chemin de terre conduit à Saluggia. Etablissement romain qui au Moyen Age bénéficia du droit de pêche et du paiement pour les passeurs, il est aujourd’hui connu surtout pour un produit d’excellence : le "haricot de Saluggia", très recherché pour la typique "panissa", risotto aux haricots et à la saucisse, un plat traditionnel à goûter absolument. A la Renaissance s’y imposa la famille noble Mazzetti, dont le château du XVIe siècle a laissé une trace dans l’actuel Palais Communal. L’église San Grato, édifiée au XVIe siècle et plusieurs fois modifiée, conserve la statue du Christ Mort, peut-être provenant de l’ancienne paroissiale du Vieux Cimetière, détruite par une inondation au XVe siècle.

  Après Saluggia on arrive à Lamporo, dont le toponyme dérive du canal d’irrigation Amporium qui encore aujourd’hui - caractéristique unique et immuable par la volonté des résidents - traverse longitudinalement toute l’agglomération, aux extrémités de laquelle il est chevauché par deux petites églises : des légendes locales racontent que l’une d’entre elles, la Madonna di Loreto (XVIIe siècle), les nuits sans lune, est la demeure de la

sorcière Giunghiglia qui, assise sur le toit et fumant une énorme pipe, effraye les passants. L’église San Bernardo da Mentone, érigée en 1566 et qui subira plusieurs phases de remaniements, conserve un reliquaire du XVIIIe siècle du saint, de manufacture turinoise. Au XIVe siècle Lamporo fut le fief de la famille gibeline des Tizzoni et, vers la fin du XVIIe, des nobles Pastoris.

  En poursuivant en direction de Vercelli on rencontre Colombara, exploitation agricole exemplaire correspondant à l’ancienne structure de la "cour fermée" : quelques locaux conservés  en documentent les caractéristiques habitatives et fonctionnelles entre le XIXe et le XXe siècle, et abritent le Musée La Risaia, consacré aux repiqueuses de riz et à leur dur travail. L’église du XVIe siècle est dédiée à San Giovanni Battista : aujourd’hui elle n’a plus la dignité paroissiale mais elle en conserve la structure, quoique privée d’un porche qui l’entourait de la façade au côté droit.

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  VA08 - Castell'Apertole - Vercelli + carte Google

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  L’étape suivante est Leri, dans la campagne verceillaise, une des grange liées à l’abbaye de Lucedio : les grange étaient des organisations agricoles nées au XIIe siècle grâce aux moines bénédictins cisterciens en collaboration avec des frères convers et des paysans. En 1807, avec l’annexion du Piemonte à la France, Napoléon laissa l’ensemble des propriétés au prince Camillo Borghese, qui à son tour les céda à une société ; lorsque celle-ci fut dissoute, une partie de la grangia fut achetée par Camillo Benso di Cavour, qui la transforma en entreprise modèle avec l’emploi de techniques agricoles d’avant-garde. On ne doit pas négliger l’église de la Natività di Maria Santissima, sur laquelle intervint également l’architecte Francesco Gallo, celui qui construisit l’imposante et audacieuse coupole du sanctuaire de Vicoforte à Mondovì.

  On arrive ensuite à Castelmerlino, une autre grangia qui, quoique dans sa modestie, est dotée d’une petite église en maçonnerie de parement, dédiée à San Pietro, originale par son plan orthogonal et construite par l’architecte Carlo Antonio Castelli en un an seulement entre 1724 et 1725 : son plan est à rapprocher de celui du sanctuaire voisin de la Madonna delle Vigne, aujourd’hui délabré.

  Darola, enfin, est la grangia avec la plus grande surface cultivée en riz et a une planimétrie en cour fermée de grandes dimensions. Le donjon à l’entrée est bien conservé avec la porte cochère et la poterne qui, à l’origine, étaient dotées de pont-levis et de la passerelle "journalière", toujours baissée pour le passage piéton. L’église San Giacomo du XVIIIe, réalisée elle aussi par Castelli, conserve une ancienne icône de la Vierge et une Nativité très gracieuse du dominicain Luigi Francesco Savoia, peintre de la deuxième moitié du siècle dernier qui a laissé beaucoup de ses oeuvres dans l’église San Domenico à Torino.

  En quittant l’itinéraire principal un petit détour mène à l’abbaye de Lucedio : en 1123, sur une terre inculte, s’établirent quelque moines cisterciens venant de la ville française de La Ferté et on pense que le toponyme est dérivé de lucus dei, c’est-à-dire "bois sacré". Les moines rendirent fertile et productif le territoire, en déboisant, défrichant, et exploitant la richesse en eau qui permit la culture du riz.. De cette grangia abbatiale huit autres sont issues : Darola, Castelmerlino, Leri, Montarucco, Montarolo, Ramezzana, Pobietto et Montonero. Le complexe abbatial du XIIe siècle est encore reconnaissable dans divers édifices, mais les plus significatifs sont la salle du chapitre et le beffroi, à base quadrangulaire, duquel émergent quatre sections orthogonales délimitées par des corniches d’étage avec quelques petites arcatures. L’abbaye originaire, dédiée à Santa Maria di Lucedio, fut reconstruite en 1766 et à partir de 1787 elle eut le titre de Santissima Vergine Assunta ; l’église del Popolo telle qu’on l’appelle (1741), à la disposition des laïcs et des paysans, est encore aujourd’hui en attente de réhabilitation.

  Le chemin mène alors à Ronsecco. L’établissement primitif fut créé près du sanctuaire du Viri Veri, fut abandonné au XIIe siècle et reconstruit dans le site actuel vers 1660 sous l’épiscopat de l’évêque de Vercelli Uguccione. La localité, dont le toponyme remonte à Roncho sicho ou Ronchum sicum avec le sens de lieu inculte et aride, est aujourd’hui immergé dans le paysage de rizières entre les canaux d’irrigation, les sources et les fermes. L’église San Lorenzo, édifiée au XVe siècle, a subi une restauration radicale en 1857 ; la dénomination du sanctuaire déjà cité du Viri Veri, érigé à la fin du XVIe siècle, dérive vraisemblablement de villa vetus : le lieu est lié à la libération de village de l’épidémie de choléra de 1867 et la statue de Notre-Dame de l’Assomption fait l’objet d’une grande vénération ; un château dû aux Guelfes de Vercelli de la famille Bondonni datable de la fin du XIVe, est actuellement en restauration.

  Nous arrivons à Lignana, dont la première attestation remonte à 1034, tandis qu’il est fait mention d’une ecclesia à partir de 1156, déjà avec le nom de San Germano. Au XIVe siècle le site est donné en fief à la famille des Corradi, qui en restèrent les seigneurs reconnus jusqu’à la moitié du XVIIe ;il reste le château à en témoigner le prestige, aujourd’hui affecté à l’exploitation agricole : la partie la mieux conservée, de formes Moyen Age finissant, est sûrement la façade caractérisée par une tour-porte massive, de grands mâchicoulis et de meurtrières qui servaient à la manoeuvre de deux ponts-levis pour la porte cochère et la poterne. L’église San Germano, réhabilitée à plusieurs reprises mais avec encore des corniches d’étage romanes, conserve à l’intérieur, dans les médaillons de saints de la voûte, le portrait du Bienheureux Ardizio dei Corradi di Lignana, un des premiers disciples de San Francesco d’Assisi.

  Casalrosso est un hameau de Lignana. Non loin de là l’Ecclesia de Casali Rubeo est signalée déjà à partir de 1348 ; elle est aujourd’hui église Santissimo Salvatore, après avoir subi plusieurs remaniements jusqu’en 1815, quand elle prit son aspect actuel : elle conserve encore une chaire intéressante du XVIIe.

  Voici enfin Larizzate, jadis grangia et lieu de défense comme avant-poste des remparts de Vercelli : les tours cylindriques et des parties d’un château sont bien visibles encore aujourd’hui ; l’église est dédiée à la Santissima Vergine Assunta. De là provient un document, daté 27 août 1493, qui, pour la première fois, signale la culture du riz dans le territoire de Vercelli.

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  retour à Via Francigena

                V.Alta

              

                                                                       14/01/2015

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