Evêques du Chemin Français de Saint-Jacques (2015) : lettre pastorale (fr)  

 

                                                  LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES : QUÊTE ET RENCONTRE

                                           Evêques du Chemin Français de Saint-Jacques . Lettre Pastorale

                                                           Saint-Jacques-de-Compostelle 2015

 

  Table des Matières

     INTRODUCTION ...................................................................... n°1 à 4

- Le chemin, hier et aujourd’hui ......................................... n°1 à 2

- Le Chemin, objet de notre sollicitude pastorale ............. n°3 à 4

     LE CHEMIN, UNE EXPERIENCE PERSONNELLE ........................ n°5 à 17

- Le marcheur, en quête de sens ..................................... n°5 à 8

- Le Chemin révèle les racines de l’Europe ...................... n°9 à 12

- Le pèlerin chrétien ........................................................... n°13 à 17

     L’ÉGLISE, COMMUNAUTE EN CHEMIN ..................................... n°18 à 22

- Soutenue par l’espérance ............................................... n°19

- Alimentée par l’Eucharistie ............................................. n°20

- Manifestée dans la liturgie .............................................. n°21

- Guidée par la Parole de Dieu.......................................... n°22

     LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES DYNAMISME EVANGELISATEUR n°23 à 34

- Exhortation aux pèlerins chrétiens.................................. n°23

- Un Chemin de rencontre avec Jésus-Christ ................... n°24

- Un retour missionnaire .................................................... n°25 à 26

- La joie d’annoncer le Christ ............................................ n°27 à 28

- Demande adressée aux communautés d’accueil........... n°29 à 30

- Auberges et hospitaliers ................................................. n°31 à 32

- Charité de service ........................................................... n°33

     ADIEU ET ENVOI EN MISSION .................................................. n°35 à 38

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  INTRODUCTION

 

  Le chemin, hier et aujourd’hui

 

  1. En ces temps de changements accélérés, les paysages se modifient, les coutumes changent, les idées se renouvellent sous la poussée des progrès techniques. Les voies de communication qui unissent les hommes sont plus larges et plus sûres; les véhicules qui les parcourent plus rapides et plus commodes. Les allées et venues des voyageurs sont beaucoup plus fréquentes, et leurs buts plus variés; le désir de connaître des terres nouvelles et des gens nouveaux s’est répandu, le tourisme est devenu plus populaire. Mais il existe une image suggestive qui reste immuable depuis le Moyen Âge: la marche obstinée des pèlerins vers Saint-Jacques-de-Compostelle. De nombreuses personnes de pays divers et de tous milieux sociaux marchent sur des voies parallèles; leur attitude et leur apparence évoquent pour nous les pèlerins qui parcouraient ces chemins en d’autres temps. Et de semblables motivations les inspirent.

 

  2. Il était autrefois possible de voir passer sur ces voies des rois et des ducs, des princesses et des impératrices, des abbés et des archevêques, des clercs et des jongleurs, des marchands et des artisans, des nobles et des mendiants, des saints et des pécheurs. Ils provenaient de tous les royaumes et territoires d’Europe, de toutes les classes sociales; et ils laissaient derrière eux un long sillage de religiosité et de culture. Diverses étaient les motivations de ces marcheurs: les uns accomplissaient un voeu fait dans des moments difficiles; d’autres tentaient d’obtenir le pardon de leurs péchés ou de s’acquitter de la pénitence qui leur avait été imposée; certains rendaient grâce à Dieu pour une faveur extraordinaire reçue. Tous désiraient vénérer les reliques de l’Apôtre et obtenir les grâces abondantes liées à leur visite. Et ne manquaient pas non plus ceux qui parcouraient le chemin poussés seulement par un penchant touristique précoce.

 

  Le Chemin, objet de notre sollicitude pastorale

 

  3. Les évêques français et espagnols du Chemin de Saint-Jacques n’ont pas manqué de constater ce phénomène religieux prometteur qui, après avoir duré pendant dix siècles, existe encore de nos jours; bien au contraire, nous avons tourné vers lui notre attention pastorale. Depuis l’année 2009 en particulier, sur les insistances de l’archevêque de Saint-Jacques-de-Compostelle, nous nous efforçons de mener à bien une tâche commune d’évangélisation en faveur de tous les agents qui interviennent dans cette louable pratique religieuse qu’est le pèlerinage. Notre désir est que tous ceux qui y prennent part, prenant conscience de sa véritable signification, bénéficient des avantages spirituels qui en découlent, et contribuent à l’enrichir sur un plan personnel et spirituel, tout en cimentant des liens fraternels entre les nations, et en resserrant les liens de charité qui unissent les membres de la communauté chrétienne universelle. Nous sommes convaincus du fait que, si l’on n’altère pas sa nature, la marche obstinée vers le but compostellan, image de ce grand pèlerinage qu’est notre vie, peut nous aider à nous centrer sur le sens propre de notre existence, à approfondir la nature du peuple de Dieu en marche qu’est l’Église, et à stimuler notre souci d’évangélisation.

 

  4. Désireux que tous ceux qui prennent part au pèlerinage séculaire à Compostelle en bénéficient dans toute sa virtualité, nous, évêques français et espagnols du chemin de Saint-Jacques, adressons cette Lettre pastorale aux pèlerins, chaque fois plus nombreux, qui traversent nos diocèses - qu’ils soient ou non croyants - et à tous ceux qui, par leur collaboration et leur dévouement, le rendent possible: hospitaliers, centres d’accueil, gîtes et paroisses. Nous remercions le travail silencieux, humble et efficace de tant d’hommes et de femmes qui sont sur le chemin, qui donnent au pèlerinage un cachet de chrétien et d’authenticité évangélisatrice.

 

  LE CHEMIN, UNE EXPÉRIENCE PERSONNELLE

 

  Le marcheur, en quête de sens

 

  5. Parmi les marcheurs qui se dirigent vers Saint-Jacques de Compostelle, on constate une typologie variée: tous ne sont pas des pèlerins de la Foi, certains ne sont pas même croyants. L’attirance millénaire du chemin de Saint-Jacques invite des gens très différents à réaliser cette expérience personnelle. Mais beaucoup d’entre eux sont secrètement à la recherche de quelque chose qui les rende meilleurs et les enrichisse, de quelque chose qui les unisse. En même temps, ils savent que «l’Eglise avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et des consolations de Dieu» (1). De par sa nature, l’homme est un voyageur en quête de sens. Nous ne pouvons pas vivre notre vie sans un but qui nous oriente, sans un objectif qui nous attire et nous inspire. Une vie dépourvue de sens nous est insupportable. Cependant, en ces temps de doute et de relativisme, la raison et le but de l’existence sont devenus imprécis pour beaucoup. Evêques français et espagnols du chemin de Saint-Jacques, nous croyons que le pèlerinage à Compostelle peut aider à les trouver. Ce n’est pas un hasard si l’Antiquité classique représentait souvent les philosophes avec un bâton de voyageur, et si les sarcophages romains du IIIe siècle représentent Jésus-Christ lui-même le bâton de philosophe itinérant dans une main et l’Évangile dans l’autre (2).

 

  6. Quitter son environnement personnel, abandonner son confort habituel, oublier les obligations quotidiennes et la routine journalière nous permettent de voir qu’un autre mode de vie est possible, qu’il existe d’autres valeurs en dehors de celles que nous connaissons. Par ailleurs, le silence du chemin invite à la méditation, son rythme posé facilite la réflexion. L’austérité, la discipline, l’effort soutenu, les privations qu’exige la longue marche supposent une maîtrise de l’esprit qui nous prépare à recevoir la lumière. La rencontre de gens nouveaux et d’autres façons de penser, la découverte de la foi et des croyances des temps passés, de manières de vivre et d’espérer distinctes des nôtres, qui ont laissé leur trace dans la pierre des monuments qui jalonnent la route, et se convertissent en une intéressante mémoire vivante de la foi de nos ancêtres, ouvrent notre esprit à de nouvelles possibilités de pensée, à des solutions nouvelles. Dans les retables que nous contemplons, la foi des croyants s’est faite art.

 

  7. D’autre part, les vastes horizons que nous apercevons à travers les paysages ouverts nous incitent à la transcendance, et le contact prolongé avec la nature, que ce soit les aubes ou les crépuscules, le froid et la chaleur, la pluie et la rosée, les champs et les sommets, les sources et les fleuves, amènent inévitablement à des questions sur leur origine et leur auteur. Ils nous invitent à chercher le Dieu caché. En contemplant tant de beauté et d’harmonie, nous nous sentons presque forcés de dire avec les psaumes: «Que tes oeuvres sont grandes, Seigneur!» (3). «Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage de ses mains» (4). Nous en arrivons à dire avec Pascal: «Il n’y a que deux sortes de personnes qu’on puisse appeler raisonnables; ou bien ceux qui servent Dieu de tout leur coeur, parce qu’ils le connaissent; ou bien ceux qui le cherchent de tout leur coeur, parce qu’ils ne le connaissent pas encore» (5). Notre pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle peut ainsi s’avérer être un écho de l’itinéraire intellectuel de saint Augustin en quête de Dieu. Augustin tentait de le trouver en parcourant toutes les belles choses qui le captivaient dans ce monde. Et il nous donne sa conclusion: «J’ai demandé mon Dieu à l’univers, et il m’a répondu: Je ne suis pas Dieu, je suis son oeuvre» (6). Puis il s’exclamait, surpris: «Mais l’univers n’offre-t-il pas même apparence à quiconque jouit de l’intégrité de ses sens? Pourquoi donc ne tient-il pas à tous un même langage?» (7). Le saint évêque finissait par trouver Dieu au plus profond de son âme, là où Il l’attendait.

 

  8. De la même façon le pèlerin qui, en suivant le chemin des étoiles, atteint Compostelle, peut trouver là son véritable but, l’Alpha et l’Oméga de notre existence, Jésus-Christ, la vraie Lumière, qui éclaire tout homme (8).

 

  Le Chemin révèle les racines de l’Europe

 

  9. Mais, en chemin, l’expérience personnelle du pèlerin s’enrichit de nouveaux trésors. «Il n’est pas un pèlerin qui ne rentre chez lui sans avoir une idée nouvelle et un préjugé de moins», disait saint Thomas More. Il n’est rien de plus gratifiant pour nous que le dialogue bienveillant avec nos semblables; surtout s’ils proviennent de terres lointaines, font état d’intérêts similaires, et possèdent les mêmes racines. Déjà, au cours de sa longue marche, lorsqu’il contemple les monuments qui se dressent sur sa route, le voyageur comprend que le pèlerinage à Compostelle a façonné le continent européen. Le chemin est semé de monuments romans qui témoignent de la circulation des sculpteurs, des tailleurs de pierre et des modèles artistiques. De même, des légendes et une même histoire, des connaissances scientifiques, un même patrimoine littéraire et culturel, jalonnent les pas du pèlerin.

 

  10. Les foules de pèlerins qui, mus par les mêmes valeurs et la même ferveur, parcouraient au Moyen Âge le Chemin de Compostelle, tissèrent l’union européenne. Un flux continu de foi et de culture chrétienne s’écoulait le long des routes menant à Saint-Jacques; il offrit à l’Espagne, occupée à la dure tâche de résistance et de reconquête, un lien vital avec le reste de la Chrétienté, et la voie de fructueux échanges d’idées et d’arts. Le pèlerinage à Compostelle constitue une expérience privilégiée pour découvrir les racines de l’Europe.

 

  11. Sur le Chemin de Saint-Jacques, l’Europe prend conscience d’elle-même. Dans le contact inévitable dû aux longues journées, dans le réconfortant «être ensemble» des gîtes, dans la participation fervente aux offices sacrés, les voyageurs de nations diverses se connaissent mieux et se rendent compte de ce qu’ils ont en commun: une même foi et une même culture. Le christianisme a combiné, grâce au message d’amour et d’espérance de l’Évangile, le meilleur de la pensée grecque et du droit romain. Le Chemin de Saint-Jacques a été un facteur notable dans la configuration de l’identité de l’Europe. Ainsi la route devient une rencontre improvisée et douce, avec le rythme lent de la marche, qui invite à la conversation, à repenser à toutes les idées d’inspiration clairement chrétienne qui ont construit la pensée occidentale.

 

  12. Un insigne pèlerin, le pape saint Jean Paul II, avait pleinement conscience de ce fait. Dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, le 9 novembre 1982, il s’exprimait ainsi: «De nos jours encore, l’âme de l’Europe reste unie parce qu’outre son origine commune, elle possède des valeurs chrétiennes et humaines identiques, comme le sont celles de la dignité de la personne humaine, du profond sentiment de justice et de liberté, de travail, d’esprit d’initiative, d’amour de la famille, de respect de la vie, de tolérance et de désir de coopération et de paix, qui sont des éléments qui la caractérisent (…) Depuis Saint-Jacques, je te lance, vieille Europe, un cri empli d’amour: Retrouve-toi. Sois toi-même. Découvre tes origines. Ravive tes racines. Revis ces authentiques valeurs qui rendirent glorieuse ton histoire et bénéfique ta présence sur les autres continents. Reconstruis ton unité spirituelle, dans un climat de total respect envers les autres religions et les vraies libertés».

 

  Le pèlerin chrétien

 

  13. Très tôt, les disciples du Christ sentirent le désir de visiter les lieux associés à l’origine de notre religion: la Terre Sainte tout d’abord, bénie par la présence corporelle de Jésus-Christ, scène de sa prédication et de ses miracles, autel de sa mort rédemptrice et lieu de son tombeau vide; Rome ensuite, chef de la chrétienté, consacrée par le martyre des saints Pierre et Paul; Compostelle plus tard, dépositaire des reliques de l’apôtre saint Jacques. Dans ces lieux et dans les sanctuaires qui y furent édifiés, ils sentirent Dieu plus proche. Ils découvrirent la miséricorde immense d’un Dieu généreux de toutes ses grâces.

 

  14. La visite aux sanctuaires et la vénération des reliques qui y sont gardées sont des formes de piété que le sentiment religieux a inspirées au peuple des fidèles. Et de même pour le pèlerinage lointain: il y ajoute l’exercice ascétique que suppose l’effort soutenu, instrument de pénitence et de satisfaction, de formation du caractère, de raffermissement de la volonté, dans la poursuite du bien proposé comme fin.

 

  15. La religiosité du peuple ou la spiritualité populaire sont «une manière légitime de vivre la foi, une façon de se sentir membre de l’Église, et une façon d’être missionnaires». «La marche commune vers les sanctuaires et la participation à d’autres manifestations de la piété populaire, en y emmenant les enfants ou en y invitant d’autres personnes, sont en eux-mêmes un geste évangélisateur» (9). «Ne contraignons pas et ne prétendons pas contrôler cette force missionnaire!», ajoute le pape François (10).

 

  16. Les anciens témoignages littéraires nous décrivent la joie que ressentaient les voyageurs au terme de leur pèlerinage à l’arrivée à Compostelle: ils avaient mené à bien leur aventure spirituelle. Dans la basilique compostellane, les célébrations liturgiques les remplissaient d’admiration: les uns récitaient des psaumes, d’autres pleuraient sur leurs péchés, divers choeurs de pèlerins acclamaient saint Jacques et louaient Dieu dans des langues variées mais avec une même foi. Celui qui entrait triste en sortait joyeux. C’était une fête continue.

 

  17. Le pèlerinage nous aide à revenir plus au Christ, à suivre son chemin, à nous rapprocher plus de Lui, et à mieux intérioriser le Royaume de Dieu. Mais c’est aussi l’image de la vie du croyant. Croyants, nous sommes des pèlerins qui «cheminons dans la foi» à la rencontre du Seigneur. Gardant toujours confiance, nous suivons son chemin jusqu’à atteindre la patrie tant désirée (11); comme la Vierge Marie, nous nous efforçons d’avancer dans notre pèlerinage de la foi. Péleriner est la meilleure représentation de la vie chrétienne.

 

  L’ÉGLISE, COMMUNAUTÉ EN CHEMIN

 

  18. Mais le pèlerinage n’est pas seulement un exercice spirituel de l’individu capable de produire en lui un renouvellement intérieur, ce n’est pas seulement une démarche personnelle en suivant les traces du Christ jusqu’à parvenir à la rencontre définitive avec le Seigneur. L’Église elle-même est pèlerine, elle est une communauté en chemin. Le bon vouloir de Dieu fait que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel; il a voulu en faire un peuple qui Le connaîtrait selon la vérité et Le servirait dans la sainteté (12). Et tous ceux qui croient au Christ, il a voulu les convoquer dans la sainte Église (13). L’ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus, auteur du salut, principe d’unité et de paix, Dieu les a appelés. Il en a fait l’Église, pour qu’elle soit, pour tous et pour chacun, le sacrement visible de cette unité salutaire (14). Le Christ l’institua comme communauté de foi, d’espérance et de charité, par laquelle il répand, à l’intention de tous, la vérité et la grâce (15). Elle est présente dans le monde et, néanmoins, pèlerine. L’Église du Christ est le nouvel Israël qui, en marche dans le temps présent, cherche la ville future et pérenne, car la ville que nous avons ici-bas n'est pas définitive: nous recherchons la ville qui doit venir (16). Le présent de ce monde est subordonné à la ville future que nous cherchons. Mais l’espoir d’une terre nouvelle ne nous conduit pas à nous désintéresser de la société humaine dont nous faisons partie; bien au contraire, nous faisons notre possible pour que son bon ordre facilite les chemins du Royaume de Dieu. Cette Église «voyage parmi les persécutions du monde et les consolations de Dieu» (17), par les étroits chemins de la croix qui annoncent le Christ jusqu’à son retour.

 

  Soutenue par l’espérance

 

19. Dans la longue marche vers la patrie céleste dont elle se languit, la communauté des croyants est soutenue par l’espérance. Grâce à cette énergie interne, à cette force du coeur que suscite Dieu, nous aspirons aux biens meilleurs et permanents avec patience et constance. Car l'endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses (18). Nous devons supporter avec courage les épreuves pour obtenir la récompense promise. L’attente de l’étape du soir éduque cette ouverture du coeur à cette belle espérance.

 

  Alimentée par l’Eucharistie

 

  20. Le Seigneur a laissé aux siens les arrhes de cette espérance et un aliment pour la route dans le repas de la communion fraternelle (19). La célébration eucharistique est source de vie pour l’Église, et gage de la gloire céleste; par elle l’Église de Dieu s’édifie et grandit (20). «L’Eucharistie, présence salvifique de Jésus dans la communauté des fidèles et nourriture spirituelle pour elle, est ce que l’Église peut avoir de plus précieux dans sa marche au long de l’histoire» (21). Nous, les chrétiens, rassemblés par la foi en Jésus-Christ, nous nous réunissons lors de la célébration eucharistique pour entendre sa parole, célébrer la mémoire de sa passion, et proclamer sa glorieuse résurrection. L’évêque rassemble ses fidèles dans le Saint-Esprit grâce à l’Évangile et à l’Eucharistie (22). Dans l’église locale, «les fidèles sont rassemblés par la prédication de l’Évangile du Christ, le mystère de la Cène du Seigneur est célébré “pour que, par le moyen de la Chair et du Sang du Seigneur, se resserre, en un seul Corps, toute la fraternité”» (23). La foi en la parole de Jésus-Christ convoque l’Église, la célébration de l’Eucharistie réalise l’Église comme communauté de salut; l’amour fraternel en est le signe et la distinction. C’est pourquoi le pèlerin cherche à participer le plus souvent possible aux messes proposées le soir aux étapes.

 

  Manifestée dans la liturgie

 

  21. La principale manifestation de l’Église se réalise dans la participation pleine et active du peuple de Dieu aux célébrations liturgiques, principalement à l’Eucharistie. «Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu» (24). En ce sens, le chemin de Saint-Jacques est un des scénarios privilégiés où beaucoup de pèlerins non-croyants peuvent goûter pour la première fois la beauté de la liturgie. Ils s’en étonnent de telle manière que beaucoup y trouvent leur chemin de foi en Jésus-Christ et son Église. Les pèlerins ensemble peuvent chanter les psaumes ou la liturgie des heures (laudes, vêpres).

 

  Guidée par la Parole de Dieu

 

  22. L’Église en chemin est encore comparable aux disciples d’Emmaüs, plongés dans la perplexité, leurs espoirs déçus, leurs interrogations devant le fait incompréhensible de la mort de Jésus sur la croix et sa mise au tombeau. Jésus ressuscité vient les rejoindre sur la route, sans se manifester de manière spectaculaire, mais en se mettant à l’écoute de leurs confidences désabusées. Puis il les accompagnera en leur faisant parcourir un chemin de croissance intérieure, à la lumière de la Parole de Dieu - «et commençant par Moïse et parcourant tous les prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait» (25) - jusqu’à ce que leur coeur soit enflammé et leur esprit éclairé, et qu’ils le reconnaissent à la fraction du pain. Les pèlerins devront pouvoir trouver dans la Parole de Dieu et auprès des hospitaliers et accueillants rencontrés sur le chemin de Saint-Jacques le même accompagnement de Jésus pour les disciples d’Emmaüs. Alors, après l’avoir rencontré, ils pourront retourner chez eux «raconter ce qui s’est passé en chemin, et comment ils l’ont reconnu à la fraction du pain» (26).

 

  LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES DYNAMISME ÉVANGÉLISATEUR

 

  Exhortation aux pèlerins chrétiens

 

  23. Pour les pèlerins chrétiens, le Chemin de Saint-Jacques qu’ils parcourent est une partie intégrante du grand pèlerinage qu’est leur propre vie, et en est comme le modèle réduit. C’est eux que nous, les évêques du Chemin, exhortons à participer activement et fructueusement aux assemblées eucharistiques célébrées tout au long de la route; là où est véritablement présente l’Église du Christ (27). Nous demandons également aux curés des paroisses et aux recteurs de ces églises qu’ils les invitent cordialement à aller à leurs célébrations. L’Eucharistie est la source et le sommet de notre vie chrétienne; ils pourront ainsi associer au sacrifice du Christ, en vertu de leur sacerdoce royal, les travaux et les fatigues du chemin et recevoir des forces spirituelles pour poursuivre avec succès leur marche. Ils pourront trouver dans la rencontre fraternelle avec ces communautés un enrichissement mutuel et une édification réciproque. Ils parviendront ainsi spirituellement réconfortés à la cathédrale de Compostelle où culmine leur pèlerinage, et qu’ils verront comme un symbole de la Jérusalem céleste après laquelle nous soupirons. Il ne faut pas perdre de vue le travail oecuménique effectué sur le Chemin de Saint-Jacques qui fait que beaucoup de chrétiens d’autres confessions se rapprochent avec une véritable dévotion, et souvent veulent être instruits sur la doctrine catholique et, tout spécialement, sur L’Eucharistie qui est la présence réelle du Christ. N’oublions pas que «les pèlerinages évoquent notre marche sur terre vers le ciel. Ils sont traditionnellement des temps forts de renouveau de la prière. Les sanctuaires sont, pour les pèlerins en quête de leurs sources vives, des lieux exceptionnels pour vivre “en Église” les formes de la prière chrétienne» (28).

 

  Un Chemin de rencontre avec Jésus-Christ

 

  24. Le Chemin de Saint-Jacques n’est pas un simple itinéraire tracé sur une carte, ce n’est pas une suite de lieux que l’on traverse, ni un simple environnement géographique; il est chemin et marche, route et arrêt, voyage et rencontre, donner et recevoir, évangéliser et être évangélisé. C’est un espace dynamique; il possède un pôle qui nous oriente et nous attire. Le but véritable de notre cheminement est la rencontre avec Jésus-Christ, le Chemin, la Vérité et la Vie (29); en lui s’éclaircit le mystère de l’homme; le Christ manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation (30). La rencontre avec la personne de Jésus-Christ «donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive» (31).

 

  Un retour missionnaire

 

  25. Mais «celui qui a vraiment rencontré le Christ ne peut le garder pour lui-même, il doit l’annoncer» (32). C’est pourquoi le retour des pèlerins vers leur patrie doit être missionnaire; et il sera d’autant plus enthousiaste que fructueux aura été le pèlerinage. Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu (33). Parce que, si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres?, se demande le pape François (34). Le pèlerin qui, à côté de la tombe de l’apôtre saint Jacques, a médité sur les origines du christianisme, est motivé pour devenir un agent efficace de la nouvelle évangélisation. Il comprend l’appel du pape Jean Paul II: «Il faut raviver en nous l’élan des origines, en nous laissant pénétrer de l’ardeur de la prédication apostolique qui a suivi la Pentecôte» (35). La plénitude de l’existence chrétienne débouche sur l’apostolat.

 

  26. Le pèlerinage au sépulcre de saint Jacques, aux racines apostoliques de la foi chrétienne, aux fondements inamovibles de la vie, oriente à la croisée des chemins personnels et collectifs, ravive la foi et enflamme le zèle apostolique. Le renouvellement spirituel favorisé par le pèlerinage purificateur, le «vivre ensemble» réellement catholique, la proximité de la mémoire vive d’un témoin du Seigneur, la fête du pardon célébrée dans la maison du Père (...) deviennent élan évangélisateur. Saint-Jacques-de-Compostelle est à la fois le point d’arrivée des pèlerins et le point de départ de nouvelles voies missionnaires. La mémoire entretenue pousse à l’espérance, car les possibilités du futur s’accroissent avec l’actualisation du passé. La profondeur des racines permet de vaincre les obscurités et les obstacles du présent (36).

 

  La joie d’annoncer le Christ

 

  27. L’expérience vécue sur le Chemin nous encourage à offrir de nouveau aux peuples d’Europe le message fondateur de l’Évangile. «Les chrétiens croyants devraient se considérer comme une de ces minorités créatives, et contribuer à ce que l’Europe retrouve ce qu’il y a de mieux dans son héritage, et soit ainsi au service de l’humanité entière» (37). Elle nous incite à nous comporter comme un peuple pèlerin et évangélisateur, - le sujet de l’évangélisation est un peuple qui marche vers Dieu - (38). Il nous pousse à proclamer: Jésus est le Seigneur! avec l’enthousiasme des premiers disciples. «Il est salutaire de se souvenir des premiers chrétiens et de tant de frères au cours de l’histoire qui furent remplis de joie, pleins de courage, infatigables dans l’annonce, et capables d’une grande résistance active» (39). Nous devons sentir la joie d’annoncer le Christ: le suivre est quelque chose de beau, capable de combler la vie d’une splendeur nouvelle et d’une joie profonde, même dans les épreuves (40).

 

  28. De retour dans vos foyers, faites l’effort d’apporter l’Évangile à ceux qui vous entourent, à ceux avec qui vous êtes habituellement en contact, proches ou lointains, au cours d’une simple conversation, dans la rue, au travail, sur le chemin. Concentrez-vous sur l’essentiel, qui est ce qu’il y a de plus grand, de plus attrayant, de plus nécessaire: parlez-leur de l’amour sauveur de Dieu manifesté en Jésus-Christ mort et ressuscité (41). Comportez-vous comme les «messagers itinérants du Christ» (42).

 

  Demande adressée aux communautés d’accueil

 

  29. Nous les évêques, nous demandons ceci aux paroisses qui sont des étapes sur le chemin de Compostelle, et aux autres communautés qui accueillent les pèlerins: sortez sur le chemin pour évangéliser; accueillez tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les à visiter vos églises, expliquez-leur la foi et l’art de vos retables; ouvrez un espace de dialogue collectif, occupez-vous d’eux personnellement, répondez à leurs petites demandes logistiques, soutenez les dans leur objectif de pèlerinage. Invitez-les à la conversion du coeur, croyant en l’infinie miséricorde de Dieu à travers sa Parole et les sacrements. Que la charité des oeuvres s’accompagne par la charité des paroles.

 

  30. L’Église, pendant qu’elle pérégrine ici-bas, est appelée à maintenir et à promouvoir aussi bien la communion avec Dieu Trinité que la communion entre les fidèles. L’Église-communion se construit dans l’Eucharistie; mais la participation à l’Eucharistie implique la communion dans la doctrine des Apôtres, dans les sacrements, et dans l’ordre hiérarchique (43). Les assemblées eucharistiques qui sont célébrées dans vos églises avec la participation des pèlerins sont une occasion privilégiée d’établir ces liens de fraternité entre des fidèles qui proviennent de communautés lointaines et très variées. Rappelez-vous, une fois encore, le pape François: «L’Église évangélise et s’évangélise elle-même par la beauté de la liturgie, laquelle est aussi célébration de l’activité évangélisatrice, et source d’une impulsion renouvelée à se donner» (44).

 

  Auberges et hospitaliers

 

  31. Le pèlerinage à Compostelle, si populaire et fréquenté comme il l’est actuellement, ne serait pas possible sans une structure de base d’accueil et d’appui. Le réseau des gîtes, simples et accueillants, qui jalonnent la route constitue un appui indispensable pour cette longue marche. Les moines et religieuses déjà, ardents promoteurs du pèlerinage à Saint Jacques à ses débuts, érigèrent des couvents, des auberges et des hôpitaux le long de la route. Et presque tous les monastères proches du passage des pèlerins avaient un hôpital attenant. Les religieux y accueillaient fraternellement les pèlerins et leur offraient assistance et aide. Fréquemment, les dons que les fidèles faisaient aux monastères étaient destinés à servir à l’entretien des moines, mais aussi des pauvres et des pèlerins; ils devaient se voir offrir le même repas conventuel, en quantité et en qualité. Ardents promoteurs du pèlerinage à Saint Jacques dès le XIe siècle, les évêques érigèrent des auberges et des hôpitaux le long de la route. Très tôt, de bons chrétiens laïcs pensèrent que cette oeuvre de miséricorde n’incombait pas exclusivement aux religieux. Tel saint Dominique de La Calzada qui, pour faciliter le passage des pèlerins, nettoya les champs, ouvrit des sentiers dans les bois, et construisit un pont sur l’Oja qui permit sa traversée pendant toute l’année. Il créa un hôpital ou une auberge pour les pèlerins, et construisit une petite église en l’honneur de la Vierge Marie. Il fonda également une confrérie de gens pieux qui s’engagèrent comme lui à assister les pèlerins. D’autres saints suivirent son exemple. Saint Jean d’Ortega devint son disciple, et poursuivit ensuite sa tâche dans les territoires proches de Burgos. D’autres s’inspirèrent aussi de saint Dominique, et menèrent une entreprise semblable: saint Raymond Gayrard, qui meurt à Toulouse en 1118; saint Omobono de Crémone, décédé dans cette ville en 1197, et le bienheureux Facio de Crémone, qui s’éteignit en 1272.

 

  32. Dans l’accueil, nous pouvons mettre en valeur un défi passionnant pour l’Église comme mère et les agents de la pastorale sur le chemin; le retour à la maison d’accueil pour l’homme qui rejoint la tradition médiévale. Cet accueil se présente sous des formes diverses, selon les lieux et les circonstances: gîtes paroissiaux, cathédrales, invitation à participer à la liturgie, grâce au volontariat dans les paroisses. Comme monastère, il est aussi possible d’accueillir selon des modalités que le pèlerin apprécie: l’information, les églises ouvertes, et des personnes qui leur indiqueront où il peut se reposer. Gardons à l’esprit que ceci aidera le pèlerin à découvrir que l’Eglise est une famille et un engagement en faveur de la fraternité et de la paix. Ainsi, chaque point d’accueil deviendra, en plus d’une occasion, une lettre d’invitation de l’Église.

 

  Charité de service

 

  33. Hospitaliers qui remplissez aujourd’hui cette fonction d’accueil, vous avez ces beaux exemples à imiter; suivez leurs traces. Ce ne sont pas les bâtiments mais le dévouement des personnes qui importent le plus pour que le Chemin de Saint-Jacques soit une expérience de fraternité chrétienne et un lieu d’évangélisation. Nous devons parier résolument en faveur d’une charité de service. Partagez avec les fidèles qui sont dans le besoin, pratiquez l'hospitalité avec empressement (45). Nous passerons ainsi avec succès le test du chrétien: Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli (46).

 

  34. L’Église tient en haute estime les formes de bénévolat; ceux qui y participent, plus que de donner quelque chose, se donnent eux-mêmes à l’autre. Le pape Benoît XVI, dans son encyclique Deus caritas est, a adressé une parole de reconnaissance et de remerciement à tous ceux qui participent, d’une manière ou d’une autre, à de telles activités. «Dans l’Église ont surgi de nouvelles formes d’activités caritatives, et de plus anciennes sont réapparues avec un élan renouvelé; ce sont des formes dans lesquelles on arrive souvent à constituer un lien heureux entre évangélisation et oeuvres de charité» (47). «L’amour, dans sa pureté et dans sa gratuité, est le meilleur témoignage du Dieu auquel nous croyons et qui nous pousse à aimer» (48).

 

  ADIEU ET ENVOI EN MISSION

 

  35. Le Chemin de Saint-Jacques s’avère être une aventure spirituelle, un long cheminement vers un but lointain dans la nostalgie d’un sens transcendant de la vie, ou encore une marche soutenue vers le tombeau de saint Jacques qui nous renvoie aux origines de notre foi. Il fut un long parcours en quête de lumière et de plénitude. Votre persévérant effort n’a pas été vain; sur la tombe de l’Apôtre, vous avez trouvé la Vérité qu’il prêchait, et pour laquelle il donna sa vie: Jésus-Christ le Seigneur. Au cours de ce long itinéraire, vous avez aussi pu observer comment l’unité de l’Europe s’est forgée dans le pèlerinage à Compostelle, et vous avez pu pénétrer ses racines chrétiennes. Vous avez pu profiter du dialogue avec des gens très divers. Le contact fraternel avec d’autres assemblées vous a enrichi; la participation à leur célébration eucharistique, en faisant l’Église, crée proprement pour cette raison la communauté entre les hommes (49). Cette expérience d’union vous a stimulés pour être, lors de votre retour, des constructeurs de paix et d’unité, proposant notre foi, notre espérance et notre charité comme de puissants liens spirituels, capables de vertébrer l’Europe, selon la meilleure interprétation de nos racines. «L’Église est, dans le Christ, le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain» (50). Le Chemin de Saint-Jacques, qui a articulé l’unité européenne, peut contribuer et contribue à atteindre l’unité du monde.

 

  36. Évêques des diocèses traversés par le Chemin, nous voulons vous remercier, pour vos efforts et votre collaboration, vous tous qui en faites partie. Le lent cheminement des pèlerins produit, avec son doux tintement, un appel de foi. Dans les gestes d’attention des hospitaliers, la foi agit par la charité. Il ne nous reste qu’à vous inviter à participer avec enthousiasme à l’élan missionnaire de l’Église, à être le ferment de Dieu au sein de l’humanité, à annoncer et à apporter le salut de Dieu dans ce monde qui est le nôtre, qui souvent se perd, et a besoin d’avoir des réponses qui l’animent, qui lui donnent espoir, qui lui donnent une vigueur nouvelle sur le chemin (51). Ceux qui ont trouvé la lumière du Christ, n’oubliez pas ceux qui sont «exposés à la désespérance du non-sens» (52).

 

  37. Que l’apôtre saint Jacques, qui scella de son sang la foi qu’il avait semée, vous donne la force de rester toujours fidèles à Jésus-Christ, vous assiste dans votre activité missionnaire, et rende plus lumineux votre témoignage de l’Évangile. Qu’il nous encourage tous dans notre pèlerinage vers la Jérusalem céleste où nous attend le Christ.

 

  38. Que Marie, «étoile de la nouvelle évangélisation», vous accompagne dans votre cheminement. Qu’elle vous aide à resplendir dans le témoignage de la communion, du service, de la foi ardente et généreuse, de la justice et de l’amour des pauvres. Qu’elle nous aide à trouver de nouveaux chemins pour annoncer Jésus-Christ.

 

  Bayonne - Saint-Jacques-de-Compostelle, Juillet 2015

 

- (1) San Agustín, De Civitate Dei 18,51.

- (2) Cf. Benoît XVI, Spe salvi, 6.

- (3) Psaume 91.

- (4) Psaume 18 A.

- (5) Pensées 194.

- (6) Conf. X, VI, 9.

- (7) Conf. X, VI. 10.

- (8) Jn 1, 9.

- (9) Cf. Conférence Générale de l’Épiscopat Latino-Américain et des Caraïbes, Documento de Aparecida, 264.

- (10) Evangelii Gaudium, 124.

- (11) Cf. 2 Co 5, 6 s.

- (12)Conc. Vat. II, Lumen gentium, 9.

- (13) Ib., 2.

- (14) Ib., 9.

- (15) Ib., 8.

- (16) He 13,14.

- (17) St. Augustin, De Civitate Dei, XVIII, 52, 2.

- (18) He 10, 36.

- (19) Cf. Conc. Vat. II, Gaudium et spes, 38.

- (20) Cf. Conc. Vat. II, Unitatis redintegratio, 15.

- (21) Jean Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 9.

- (22) Cf. Conc. Vat. II, Christus Dominus, 11.

- (23) Conc. Vat. II, Lumen gentium, 26.

- (24) Conc. Vat. II, Sacrosanctum Concilium, 8.

- (25) Lc 24, 27.

- (26) Lc 24, 35.

- (27) Conc. Vat. II, Lumen gentium, 26.

- (28) Cathéchisme de l’Eglise Catholique n. 2691.

- (29) Jn. 14,6.

- (30) Cf. Conc. Vat. II, Gaudium et spes, 22.

- (31) Benoît XVI, Deus caritas est, 1.

- (32) Jean Pablo II, Novo Millennio ineunte, 40.

- (33) Ac. 4,20.

- (34) Evangelii gaudium, 8.

- (35) Novo Millennio ineunte, 40.

- (36) Cf. R. Blázquez, En el umbral del tercer milenio (Salamanca 1999) 283-303.

- (37) J. Ratzinger, Europa, raíces, identidad y misión (Madrid, 2005) p. 33.

- (38) Cf. Evangelii gaudium, 111.

- (39) Ib., 263.

- (40) Ib., 167.

- (41) Cf. Ib. 127; 35,36.

- (42) Cf. Conc. Vat. II, Apostolicam actuositatem, 14.

- (43) Cf. Jean Paul II, Ecclesia de Eucaristía, 34, 35.

- (44) Evangelii gaudium, 24.

- (45) Rm 12, 13.

- (46) Mt 25, 35.

- (47) Cf. Deus caritas est, 30.

- (48) Ib., 31.

- (49) Cf. Ecclesia de Eucharistia, 24.

- (50) Conc. Vat. II, Lumen gentium, 1.

- (51) Cf. Evangelii gaudium, 114.

- (52) Jean Paul II, Novo millennio ineunte, 50.

 

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