Patrimoine UNESCO France : liste 2018     

 

                                                          Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France,

                                                                   une Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE)

 

  (source : ACIR Compostelle -

  Sébastien Pénari (05 62 27 00 05) - accueil@chemins-compostelle.com - 4 rue Clémence-Isaure - 31000 Toulouse)

 

  "La valeur universelle exceptionnelle signifie une importance culturelle et/ou naturelle tellement exceptionnelle qu'elle transcende les frontières nationales et qu'elle présente le même caractère inestimable pour les générations actuelles et futures de l'ensemble de l'humanité.

  A ce titre, la protection permanente de ce patrimoine est de la plus haute importance pour la communauté internationale toute entière.

Le Comité définit les critères pour l'inscription des biens sur la Liste du patrimoine mondial".

  "Pour être considéré d'une valeur universelle exceptionnelle, un bien doit également répondre aux conditions d'intégrité et/ou d'authenticité,et doit bénéficier d'un système adapté de protection et de gestion pour assurer sa sauvegarde".

  (Orientations devant guider la mise en oeuvre de la convention du patrimoine mondial, UNESCO, 2017).

                                                                                    -------------

 

  Déclaration de valeur universelle exceptionnelle du bien culturel en série "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France"

  inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco (C, 868, 868 bis, 1998) (texte approuvé par le Comité du patrimoine mondial, juillet 2017)

 

  A. Synthèse

  Tout au long du Moyen Age, Saint-Jacques-de-Compostelle fut une destination majeure pour d'innombrables pèlerins de toute l'Europe. Pour atteindre l'Espagne, les pèlerins traversaient la France.

  Quatre voies symboliques partant de Paris, de Vézelay, du Puy et d'Arles et menant à la traversée des Pyrénées résument les itinéraires innombrables empruntés par les voyageurs. Eglises de pèlerinage ou simples sanctuaires, hôpitaux, ponts, croix de chemin jalonnent ces voies et témoignent des aspects spirituels et matériels du pèlerinage. Exercice spirituel et manifestation de la foi, le pèlerinage a aussi touché le monde profane en jouant un rôle décisif dans la naissance et la circulation des idées et des arts.

  De grands sanctuaires tels que l'église Saint-Sernin à Toulouse ou la cathédrale d'Amiens, - certains cités dans le Codex Calixtinus - ainsi que d'autres biens illustrent matériellement les voies et conditions du pèlerinage pendant des siècles. Soixante et onze éléments associés au pèlerinage ont été retenus pour illustrer leur diversité géographique, le développement chronologique du pèlerinage entre le Xle et XVe siècle, et les fonctions essentielles de l'architecture, comme l'ancien hôpital des pèlerins à Pons, ou le pont "des pèlerins" sur la Boralde. En outre, sept tronçons du Chemin du Puy sont inclus, couvrant près de 160 km de route.

 

  B. Critères

- Critère II : témoigner d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages.

La route de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle a joué un rôle essentiel dans les échanges et le développement religieux et culturels au cours du Bas Moyen-Age, comme l'illustrent admirablement les monuments soigneusement sélectionnés sur les chemins suivis par les pèlerins en France.

 

- Critère IV : offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine :

Les besoins spirituels et physiques des pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de Compostelle furent satisfaits grâce à la création d'un certain nombre d'édifices spécialisés, dont beaucoup furent créés ou ultérieurement développés sur les sections françaises.

 

- Critère VI : être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des oeuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle.

La route de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un témoignage exceptionnel du pouvoir et de l'influence de la foi chrétienne dans toutes les classes sociales et dans tous les pays d'Europe au Moyen-Age.

 

  C. Intégrité

  Les édifices et ensembles proposés représentent, dans leur diversité, une évocation fidèle du contexte du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Il en est de même des tronçons de chemins proposés qui ne sont que des exemples de l'ensemble des routes empruntées par les pèlerins. Les ouvrages rencontrés sur les chemins ont en commun d'être les témoignages directs, conservés et transmis jusqu'à nous, de la pratique du pèlerinage telle qu'elle s'est déroulée en France durant le Moyen-Age. Cette puissance d'évocation intacte a permis de revitaliser l'approche culturelle du pèlerinage vers Compostelle.

  Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France font l'objet, depuis les années 1990, d'une fréquentation sans cesse croissante, qui doit être conciliée avec les aménagements routiers.

 

  D. Authenticité

  Les établissements d'accueil et de soins présentés sont indubitablement voués au pèlerinage par les textes historiques et les éléments architecturaux ou de décor conservés. Les biens présentés illustrent de la façon la plus véridique et crédible l'ensemble des rituels et des pratiques liés au pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

  Ceux-ci incluent des routes, églises de pèlerinage ou simples sanctuaires, hôpitaux et ponts. Le parcours spirituel du pèlerinage était rythmé par la vénération des reliques des saints qui jalonnaient l'itinéraire.

  Les édifices les plus riches, points de passage privilégiés du parcours, sont reconnaissables à leurs dispositions architecturales spécifiques, propres à organiser la circulation des pèlerins. Les églises plus modestes, haltes de recueillement ou de repos situées sur les voies principales ou secondaires, sont attestées par leurs décors sculptés ou peints représentant des scènes religieuses ou des légendes liées à la dévotion à saint Jacques.

 

  E. Eléments requis en matière de protection et de gestion

  Les 71 édifices ou ensembles de bâtiments sont majoritairement propriété des communes, et dans quelques cas, propriété du Conseil départemental et de personnes privées. Les édifices religieux sont pour la plupart affectés au culte catholique. Leur conservation incombe à leurs propriétaires, avec l'aide financière et sous le contrôle technique et scientifique des services de l'Etat.

  Ils font l'objet de mesures de protection prises en application du code du patrimoine (classement ou inscription au titre des monuments historiques), du code de l'environnement, ainsi qu'au titre des plans locaux d'urbanisme (PLU). Ces édifices génèrent également des périmètres de protection de 500 mètres. Certains de ces périmètres ont vocation à être modifiés afin de rendre le rayon de protection plus pertinent.

  En outre, les espaces dans lesquels ils sont situés bénéficient également de protection soit au titre du code du patrimoine (sites patrimoniaux remarquables), soit au titre du code de l'environnement (sites classés ou inscrits). Dans tous les cas, ces périmètres de protection rendent obligatoire l'avis des services territoriaux de l' architecture et du patrimoine pour toute autorisation de travaux.

  Les sections de sentier faisant partie du bien inscrit sont des sentiers de grande randonnée (GR65) qui bénéficient, dans leur majeure partie, d'une protection au titre du plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR). Ils bénéficient également de la protection au titre des abords des monuments historiques qui les jalonnent.

  La gestion du bien est coordonnée au niveau national par le préfet de région Occitanie, qui a été nommé préfet coordonnateur. Celui-ci préside le comité de coordination interrégionale, qui réunit tous les ans l'ensemble des propriétaires des éléments du bien. Il s'appuie également sur l'Agence de coopération interrégionale et réseau Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle (ACIR), gestionnaire du bien inscrit.

                                                                               ---------------

 

  Liste des composantes

 

Les "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France", inscrits en 1998 sur la Liste du patrimoine mondial par l'Unesco, constituent un bien culturel en série. À la différence d'un monument isolé ou d'un centre urbain, les "Chemins" sont inscrits sous la forme d'une collection d'éléments discontinus, considérés par l'Unesco comme un bien unique, et répartis dans 10 régions. Chacune des 78 composantes contribue à la valeur de l'ensemble du bien en lui apportant une part de signification. Seul cet ensemble, en tant que tel, justifie une inscription sur la Liste du patrimoine

mondial.

 

  Les composantes solidaires des "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France" sont :

  • réparties par thème : la dévotion (cathédrales, églises, basiliques, dolmen), l'accueil et les soins (anciens hôpitaux, abbayes), les accès et franchissements (ponts, porte et sections de sentier),

  • dispersées sur 10 régions, 31 départements et 95 communes,

  • constituées de 64 monuments, 7 ensembles et 7 sections de sentier.

 

  carte

 

             

 

  Monuments (64)

 

  Nouvelle Aquitaine (26 monuments)

• Agen (Lot-et-Garonne) : cathédrale Saint-Caprais

• Aire-sur-l'Adour (Landes) : église Sainte-Quitterie

• Aulnay (Charente-Maritime) : église Saint-Pierre

• Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) : cathédrale Sainte-Marie

• Bazas (Gironde) : ancienne cathédrale Saint-Jean-Baptiste

• Bordeaux (Gironde) : basilique Saint-Michel*

• Bordeaux (Gironde) : basilique Saint-Seurin*

• Bordeaux (Gironde) : cathédrale Saint-André*

• L'Hôpital-Saint-Blaise (Pyrénées-Atlantiques) : église Saint-Blaise

• La Sauve (Gironde) : ancienne abbaye Notre-Dame-de-la-Sauve-Majeure

• La Sauve (Gironde) : église Saint-Pierre

• Le Buisson-de-Cadouin (Dordogne) : église abbatiale Notre-Dame-de-la-Nativité

• Melle (Deux-Sèvres) : église Saint-Hilaire

• Mimizan (Landes) : clocher-porche de l'ancienne église

• Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) : église Sainte-Marie

• Périgueux (Dordogne) : cathédrale Saint-Front

• Poitiers (Vienne) : église Saint-Hilaire-le-Grand

• Pons (Charente-Maritime) : ancien hôpital des pèlerins

• Saint-Avit-Sénieur (Dordogne) : église Saint-Avit

• Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime) : abbaye royale Saint-Jean-Baptiste

• Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques) : porte Saint-Jacques

• Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) : église Saint-Léonard

• Saint-Sever (Landes) : abbaye

• Saintes (Charente-Maritime) : église Saint-Eutrope

• Sorde-l'Abbaye (Landes) : abbaye Saint-Jean

• Soulac-sur-Mer (Gironde) : église de Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres

 

  Grand Est (2 monuments)

• Châlons-en-Champagne (Marne) : église Notre-Dame-en-Vaux

• L'Épine (Marne) : basilique Notre-Dame

 

  Auvergne-Rhône-Alpes (3 monuments)

• Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) : église Notre-Dame-du-Port

• Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) : cathédrale Notre-Dame

• Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) : Hôtel-Dieu

 

  Bourgogne-Franche-Comté (3 monuments)

• Asquins (Yonne) : église Saint-Jacques

• La Charité-sur-Loire (Nièvre) : église prieurale Sainte-Croix-Notre-Dame

• Vézelay (Yonne) : basilique Sainte-Madeleine*

 

  Centre-Val de Loire (2 monuments)

• Bourges (Cher) : cathédrale Saint-Étienne*

• Neuvy-Saint-Sépulchre (Indre) : collégiale Saint-Étienne (anciennement collégiale St-Jacques)

 

  Île-de-France (1 monument)

• Paris (Seine) : tour Saint-Jacques (vestige de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie)

 

  Occitanie (24 monuments)

• Aniane - Saint-Jean-de-Fos (Hérault) : pont du Diable

• Auch (Gers) : cathédrale Sainte-Marie

• Audressein (Ariège) : église Notre-Dame-de-Tramesaygues

• Beaumont-sur-l'Osse et Laressingle (Gers) : pont d'Artigues ou de Lartigues

• Cahors (Lot) : cathédrale Saint-Etienne

• Cahors (Lot) : pont Valentré

• Conques (Aveyron) : abbatiale Sainte-Foy

• Conques (Aveyron) : pont sur le Dourdou

• Espalion (Aveyron) : pont Vieux

• Estaing (Aveyron) : pont sur le Lot

• Figeac (Lot) : hôpital Saint-Jacques

• Gavarnie (Hautes-Pyrénées) : église paroissiale Saint-Jean-Baptiste

• Gréalou (Lot) : dolmen de Pech-Laglaire 2

• Jézeau (Hautes-Pyrénées) : église Saint-Laurent

• La Romieu (Gers) : collégiale Saint-Pierre

• Ourdis-Cotdoussan (Hautes-Pyrénées) : église Saint-Jacques

• Rabastens (Tarn) : église Notre-Dame-du-Bourg

• Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne) : ancienne cathédrale Notre-Dame

• Saint-Chély-d'Aubrac (Aveyron) : pont dit "des pèlerins" sur la Boralde

• Saint-Gilles (Gard) : ancienne abbatiale

• Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) : ancienne abbaye de Gellone

• Toulouse (Haute-Garonne) : basilique Saint-Sernin

• Toulouse (Haute-Garonne) : Hôtel-Dieu Saint-Jacques

• Valcabrère (Haute-Garonne) : basilique Saint-Just

 

  Hauts-de-France (3 monuments)

• Amiens (Somme) : cathédrale Notre-Dame*

• Compiègne (Oise) : église paroissiale Saint-Jacques

• Folleville (Somme) : église paroissiale Saint-Jacques-le-Majeur et Saint-Jean-Baptiste

 

  Ensembles (7)

 

  Occitanie (5 ensembles)

• Aragnouet (Hautes-Pyrénées) : hospice du Plan et chapelle Notre-Dame-de-l'Assomption, aussi appelée chapelle des Templiers

• Moissac (Tarn-et-Garonne) : abbatiale Saint-Pierre et cloître

• Rocamadour (Lot) : basilique Saint-Sauveur, crypte Saint-Amadour

• Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne) : basilique paléochrétienne, chapelle Saint-Julien

• Saint-Lizier (Ariège) : ancienne cathédrale et cloître, cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède, palais épiscopal, remparts

 

  Normandie (1 ensemble)

• Le Mont-Saint-Michel (Manche)

 

  Provence-Alpes-Côte-d'Azur (1 ensemble)

• Arles* (Bouches-du-Rhône) : Eglise Saint-Honorat

 

  Sections de sentier (7 sections du chemin du Puy, GR®65)

 

  Nouvelle Aquitaine (1 section de sentier)

• de Aroue à Ostabat-Asme (Pyrénées-Atlantiques) : 22 km

 

  Occitanie (6 sections de sentier)

• de Nasbinals à Saint-Chély-d'Aubrac (Lozère - Aveyron) : 17 km

• de Saint-Côme-d'Olt à Estaing (Aveyron) : 17 km

• de Montredon à Figeac (Lot) : 18 km

• de Faycelles à Cajarc (Lot) : 22,5 km

• de Bach à Cahors (Lot) : 26 km

• de Lectoure à Condom (Gers) : 35 km

 

  (*) Biens à double inscription : certains biens, déjà inscrits en tant que tels sur la Liste du patrimoine mondial, bénéficient d'une double inscription.

  Par exemple la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay (Yonne) fut inscrite une  première fois en 1979 au titre du bien "Basilique et colline de Vézelay", puis, en 1998, au titre du bien "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France

 

  

  Patrimoine UNESCO France liste 2018 PDF

  Patrimoine UNESCO France 2018

                                                         ----------------------------------------------------------

    

  retour à Q.Culture Beaux-arts 

  

                                                           delhommeb at wanadoo.fr -  02/03/2018