Rome : Sept Églises

 

                  

                                    

                                                                                 Sept Eglises

 

  Sept Églises parcours     

  Sept Eglises informations    

  Sept Eglises gravures                                          

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                                                                              Tour des sept églises :

 

  Le Tour des sept églises est une expression traditionnelle et officielle du pèlerinage de Rome, instituée par saint Philippe Néri le 25 février 1552.

 

  Ce tour inclut les quatre basiliques majeures de Rome, ainsi que trois importantes basiliques mineures, qui sont dans l'ordre de préséance :

 

- l'archibasilique Saint-Jean de Latran, cathédrale de Rome et du monde;

- la basilique Saint-Pierre, au Vatican, tombeau de saint Pierre;

- la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, sur la voie Ostiense, tombeau de saint Paul;

- la basilique Sainte-Marie-Majeure, la plus ancienne église consacrée à Sainte Vierge;

 

- la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem, qui garde les reliques de la Passion;

- la basilique Saint-Laurent hors les murs, tombe des saints Étienne et Laurent;

- la basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs, sur la voie Appia, au-dessus des catacombes.

 

  Le nombre 7 prend évidemment une valeur symbolique: il évoque le nombre des collines de Rome, les sept merveilles du monde, etc. Il n'y a cependant pas de référence directe aux "sept Églises" du livre de l'Apocalypse.

 

  Le parcours mesure en tout 25 km, car il relie des sanctuaires pour la plupart excentrés par rapport au centre antique (Forum) ou médiéval (Champ de Mars) de la ville.

  En effet, les basiliques édifiées sur des tombes d'apôtres (Pierre, Paul) ou de martyrs (Sébastien, Laurent) étaient par ce fait situées hors des murs de Rome.

  Le Latran (Saint-Jean) et le Sessorium (Sainte-Croix) étaient d'anciens domaines impériaux touchant au mur d'Aurélien.

  Quant à Sainte-Marie-Majeure, sur l’Esquilin, son emplacement fut indiqué par un miracle: une chute de neige en plein mois d’août.

 

  En procession ou isolément, nombre de pèlerins suivront le chemin tracé par saint Philippe Néri.

  En 1575, le pèlerinage aux sept églises deviendra la norme pour obtenir l’indulgence plénière du jubilé.

  Son parcours sera dès lors accompli tout au long de l’année, et non plus seulement le Jeudi gras comme jusqu'alors, comme pré-carême.

 

  Les exigences diminueront lors des jubilés postérieurs à 1575.

  En l’an 2000, la bulle de proclamation du jubilé mentionne encore ces mêmes sept églises romaines, aux côtés des sanctuaires de Terre Sainte, comme lieux dont la visite permet l’obtention de l’indulgence plénière.

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                           Pèlerins à Rome. Saint Philippe Neri et le tour des Sept églises

 

 traduit de http://pellegriniaroma.org/pellegrinaggi-cittadini-urbani-roma/giro-sette-chiese-roma-filippo-neri/

 

  Le pèlerinage traditionnel des pèlerins venus à Rome, puis repris par Saint Philippe Neri, seul ou avec quelques compagnons occasionnels, était devenu en 1559 une tradition enracinée dans le sentiment de dévotion religieuse du peuple romain.

 

  Le tour traditionnel des Sept Églises :

 

  Le pèlerinage était divisée en deux jours, et comprenait habituellement les églises de Saint-Pierre, Saint Paul, Saint-Sébastien, Saint-Jean de Latran, Sainte Croix de Jérusalem, Saint-Laurent hors les Murs, Sainte Marie Majeure.

 

  Le premier jour - mercoledì grasso - mercredi des cendres -, il partait de Santa Maria in Vallicella - Nativité de la Vierge -, passant par le pont Saint-Ange à Saint-Pierre.

  Après la visite, le cortège s'arrêtait à l'hôpital de Santo Spirito in Sassia, où il visitait les malades. Là se terminait la première étape.

 

  Le deuxième jour - il repartait de la porte Saint-Esprit, allait par la via della Lungara, traversait les jardins du Trastevere et la porte Settimiana, allait à l'île du Tibre en s'arrêtant pour une visite de l'église de Saint-Barthélemy. Il prenait la direction de la Basilique Saint-Paul, passant à côté des églises Saint-Nicolas in Carcere et Sainte Marie in Cosmedin. De là, il gravissait la petite colline de l'Aventin, descendant par la Via Ostiense pour aller honorer la tombe de l'Apôtre des Gentils.

  La visite terminée, en passant par une via dans le campo romano (appelée maintenant à juste titre Via delle Sette Chiese, rue des Sept Eglises, et densément peuplée), il arrivait à l'église de Saint Sebastien, à laquelle Saint Philippe était très attaché, parce que dans sa jeunesse il avait reçu dans les catacombes la vision d'un globe de feu. Dans l'église de Saint Sebastien était célébrée la Sainte Messe.

  De là, il se dirigeait vers la maison de Ciriaco Mattei (aujourd'hui Villa Celimontana), où se déroulait un petit repas frugal mais nutritif.

  Ensuite, passant devant l'église de San Sisto Vecchio et des Saints Nérée et Achille in Fasciolae, il se dirigeait vers Saint-Jean de Latran.

  Après la pause, il allait à la proche Scala Santa. De là il allait à la basilique voisine de Sainte Croix de Jéusalem pour vénérer les reliques de la Crucifixion apportées à Rome par Hélène, mère de l'empereur Constantin.

  L'avant-dernier arrêt était la basilique de Saint Laurent hors les Murs, où on vénérait la tombe du diacre martyr Saint Laurent (itinéraire laurenziano).

  A la fin de la journée, les pèlerins se dirigeaient vers la dernière étape: la Basilique de Sainte Marie Majeure. Là, après la dernière dévotion à l'image de la Madone "Salus Populi Romani", la foule des pèlerins se dispersait.

 

  Le tour des Sept Églises d'aujourd'hui :

 

  Le tour des sept églises est parcouru par de nombreux groupes, dont certains sont dirigés par des prêtres de Rome.

  Traditionnelle est également devenue la visite en pèlerinage de nuit, avec catéchèse à chaque étape.

  Pour plus d'informations, visitez l'église de S. Maria in Vallicella (Congrégation de l'Oratoire de San Filippo Neri).

 

  Les étapes:

- Départ de Santa Maria in Vallicella / Nativité de la Vierge / Chiesa Nuova

- San Pietro / Saint Pierre

- San Paolo / Saint Paul

- San Sebastiano / Saint Sebastien

- San Giovanni in Laterano / Saint Jean de Latran

- Santa Croce in Gerusalemme / Sainte Croix de Jérusalem

- San Lorenzo Fuori le Mura / Saint Laurent hors les Murs

- Santa Maria Maggiore / Sainte Marie Majeure.

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                                                 Les sept églises : un parcours symbolique

                                                    (François-Xavier de Villemagne)

 

  http://www.villemagne.net/site_fr/rome-les-sept-eglises.php

 

  Saint Philippe de Néri :

 

  Vers 1552, saint Philippe, ordonné prêtre, proposa à tous un usage qui lui était familier, celui de visiter en deux jours, soit treize heures de marche, Saint-Jean-de-Latran (qui rappelait le patriarcat de Rome) et les quatre basiliques patriarcales, en un tour du monde idéal, ainsi impliqué dans un pèlerinage pénitentiel; avec deux étapes supplémentaires: Saint-Sébastien, très cher au cœur de Philippe, et Sainte-Croix.

 

  Donc Philippe et ses fidèles se retrouvaient à Santa Maria della Vallicella, pour ainsi dire chez Philippe.

  De là, ils se rendaient à Saint-Pierre, et c’était une étape préparatoire, qui rappelait le parcours du cénacle à Gethsémani. À Saint-Pierre commençait le chemin proprement dit:

  De Saint-Pierre à Saint-Paul, on méditait sur la sueur de sang au jardin des Oliviers et sur la marche de Jésus vers la maison du grand prêtre.

  De Saint-Paul à Saint-Sébastien, on méditait sur le parcours de Jésus de la maison du grand prêtre à celle du chef du sanhédrin et sur la flagellation.

  De Saint-Sébastien jusqu’à la halte-rafraîchissement, on méditait le parcours de la maison de Caïphe au prétoire de Pilate et le couronnement d’épines.

  De la pause à Saint-Jean, la Passion.

  De Saint-Jean à Sainte-Croix, le parcours du prétoire de Pilate au palais d’Hérode.

  De Sainte-Croix à Saint-Laurent, le parcours du palais d’Hérode au prétoire de Pilate et la condamnation à mort.

  De Saint-Laurent à Sainte-Marie-Majeure, le parcours du prétoire de Pilate au calvaire et l’ultime effusion de sang.

 

  Un parcours symbolique de la chrétienté :

 

  Le déplacement réel précédemment décrit se double d’un déplacement imaginaire, auquel il fournit le prétexte: le pèlerin effectue symboliquement un tour du monde chrétien, conformément à la vieille association urbi et orbi, et doit se représenter en chemin qu’il gagne les lieux saints. En effet, chaque basilique représente un patriarcat, et, symbolise ainsi une partie du monde :

 

  Espace réel :                  Espace symbolique :

- Rome                             Chrétienté

- Saint-Pierre                    Patriarcat de Constantinople

- Saint-Paul                      Patriarcat d’Alexandrie

- Saint Laurent                  Patriarcat de Jérusalem

- Sainte-Marie Majeure      Patriarcat d’Antioche

 

  En outre, la pratique pénitentielle reconstitue le parcours du chemin de Croix, le chiffre 7 des Églises évoquant également les sept douleurs du Christ. Dans une Europe où le pèlerinage à Rome a depuis longtemps remplacé le pèlerinage à Jérusalem, la composition de lieu prônée par Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels plaque ainsi une Palestine antique sur le paysage du Latium:

 

  Parcours réel :                                       Parcours christique :

- De Chiesa Nuova à Saint-Pierre               Du Cénacle au jardin de Gethsémani

- De San Lorenzo à Sainte Marie Majeure   Du Prétoire au Calvaire

 

  Trésors spirituels des sept églises :

 

  Les deux premières basiliques de Rome, Saint-Pierre et Saint-Paul, sont avant tout les sépultures des deux apôtres.

  La basilique du Vatican invite à la méditation sur la primauté de Pierre, et sur le ministère de l’autorité de l’évêque de Rome: on allait à Saint–Pierre pour vénérer le tombeau de saint Pierre, mais aussi pour voir son successeur.

  Quant à la basilique Saint–Paul, en raison de la personnalité et de l’histoire de "l’apôtre des Gentils", elle apparaît comme un lieu privilégié pour les célébrations œcuméniques et pour la prière pour l’unité des chrétiens.

  Saint-Jean ne contient pas de tombeau vénérable, mais elle est la cathédrale de Rome, la première église construite par Constantin pour sa nouvelle religion, le lieu des premières célébrations publiques de la foi chrétienne: le pèlerinage au Latran est donc une réflexion sur le mystère de l’Église et son témoignage dans le monde.

  La basilique Sainte-Marie-Majeure sur la colline de l’Esquilin est sans doute le lieu le plus important de Rome pour un pèlerinage dédié à Marie: l’église fut fondée en 430-440, immédiatement après le concile d’Éphèse où Marie fut proclamée la Mère de Dieu ("Theotokos").

  L’histoire de la basilique de la Croix est liée à la légende de Sainte Hélène mère de Constantin. En effet, l’église est construite sur un palais qui lui appartenait, et avait à l’origine la forme de l’église du Martyrion, du Calvaire, à Jérusalem où sainte Hélène aurait retrouvé le bois sacré. Aujourd’hui la basilique conserve des reliques très étonnantes, dont le titulus, le morceau de bois avec l’inscription "Jésus Nazaréen, Roi des Juifs" en trois langues.

  La basilique de Saint-Laurent célébrait l’un des saints les plus aimés de Rome, le diacre martyre, et rappelle aujourd’hui l’importance des laïques dans la vie de l’église primitive.

  Enfin, la basilique de Saint-Sébastien, l’ancienne basilique des Martyrs, qui est peut-être la plus ancienne des sept, ramène aux origines douloureuses, mais glorieuses, des témoignages des saints, et rappelle que la vie de l’Église est toujours fécondée par le sacrifice de ceux qui proclament leur foi contre toute opposition.

 

  d’après F. & G. Lanzi, Les pèlerinages romains, Bayard Editions–Centurion, 1999

et Guido Sacchi, La tradition romaine du pélerinage

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                                                              delhommeb at wanadoo.fr -  20/04/2016